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 Sale(s) gosse(s)...

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MessageSujet: Sale(s) gosse(s)...   Lun 10 Sep - 18:21

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Sale(s) gosse(s)...
Jack & Peter Pan
« Rend-la moi ! Rend-la moi je te dis !» grondait Ludwig en fronçant ses petits sourcils, bousculant et chatouillant son camarade afin de le faire lâcher prise. L'objet en question ? Une simple fourchette sale et rouillée, mais la petite gravure le long de sa poignée justifiait le combat de petits poings qui faisait un petit boucan dans le couloir. D'autres orphelins leur jetait un coup d’œil en passant mais s'éloignaient bien vite, de peur de s'attirer des ennuis en restant trop près trop longtemps. « T'avais dit que tu me la donnerais ! C'est moi qui l'ai vue en premier ! » piaillait l'autre en s'accrochant avec force à son petit trophée. Un peu plus jeune mais de la même carrure que Ludwig, celui-ci qui semblait pouvoir facilement avoir le dessus sur la situation en s'enfuyant ne semblait pourtant pas vouloir laisser son camarade en plan. « Oui, mais c'est moi qui l'ai piqué ! Alors rend-la moi ! » répondit Ludwig en assénant un coup de coude aux côtes de son adversaire qui, surprit, lâcha prise lorsque l'autre orphelin s'attaqua à sa main. Satisfait, l'enfant contempla la fourchette avec un petit sourire alors que l'autre fit la moue, sans pourtant riposter.
Une effusion de voix distrait un instant le petit chef qui, de ses grands yeux bleus, chercha la provenance de ces cris. Il se figea sur place car son petit esprit avait vite fait de remarquer qu'ils étaient dangereusement près du bureau de la directrice. La vieille dictatrice avait sûrement entendu le vacarme et venait les étriper. Horrifié, Ludwig voulu prévenir son camarade, mais ce dernier n'avait pas eu la même illumination et profita simplement de la diversion pour batailler pour son prix à nouveau.
Dans la lutte, Ludwig perdit ses mots pour expliquer la terrible situation et se laissa emporter par sa frustration. A nouveau, les deux enfants bataillèrent dans le couloir en laissant échapper de petits grognements et sifflements. Le voleur dû cependant se rappeler rapidement des dangers de leur bataille lorsque, tout près, des bruits de pas se firent entendre. Plus lourd et donc plus bruyant que les petits pas des petits, il ne pouvait qu'annoncer de mauvaises nouvelles. Avec force, Ludwig tira son compagnon dans un couloir sans se rendre compte que cela entrainerait une riposte puissante de l'autre qui les firent basculer juste sous le nez des arrivants. Un instant, Ludwig cru sa dernière heure arrivée, mais ses grands yeux effrayés tombèrent sur deux visages familiers et bien plus rassurants que n'importe quelle tête d'adulte. Liam et Chloé laissèrent les petits combattants passer sans leur accorder vraiment d'attention.
La rencontre surprit l'assaillant qui stoppa sa tentative de récupérer la fourchette. Soudainement curieux comme le voleur, ils se penchèrent pour observer les deux adolescents s'en aller ensemble d'une démarche pressée. « Ouuuh... Tu cois qu'il vont faire crac-crac ? » blagua alors l'autre enfant, ce qui lui valu un nouveau coup de coude dans les côtes. « N'importe quoi ! » aboya sèchement Ludwig. Sur son front pâle apparue une petite ride entre ses sourcils froncés. Lui, avait bien vu que les deux ados n'avaient pas vraiment l'air d'humeur à faire "crac-crac", et de toute façon il n'y avait pas d'humeur pour ça. Dans ses pupilles azur se mêlait curiosité, inquiétude mais aussi jalousie et la frustration. L'envie de les suivre et de les observer était grande, mais il savait très bien que les deux grands ne voudraient pas de lui.
Un silence s'installa alors que perdu dans ses pensées, Ludwig avait continué de fixer le couloir vide par lequel Chloé et Ludwig s'étaient en allés d'un air boudeur. Le chatouillis des doigts de son camarade contre sa main le ramena à la réalité et par réflexe, il leva le poing. Il comprit alors que l'orphelin tentait à nouveau de récupérer la fourchette. Distrait, le voleur lui avait complètement oublié cette histoire, comme si l'envie de rejoindre les deux adolescents avait remplacé son envie de posséder l'objet insignifiant. Avec un soupir, il regarda sa possession puis son camarade. « Tiens. » finit-il alors par dire en lui tendant l'objet argenté. Le regard enchanté que lui lança se dernier l'amusa tout comme il l'agaça. « C'est qu'une stupide fourchette. » se sentit-il obligé de préciser d'un air dédaigneux. C'est vrai, il avait volé des choses bien plus belle ou amusante, mais quand on ne possédait rien, le moindre objet pouvait trouver une valeur inestimable. Un peu blessé mais reconnaissant, l'autre finit par le remercier tout en filant dans le couloir, de peur que Ludwig change à nouveau d'avis.

Mais cette rencontre banale dans le couloir occupa assez l'esprit du jeune enfant pour qu'il ne songe qu'un tout petit peu à la gravure élégante de cette fourchette qu'il aurait néanmoins aimé garder. Laissé seul, il continua son errance habituelle dans l'orphelinat, courant après des petits par-ci, bataillant avec des plus grands par-là, piquant ça et là des biscuits, des boutons... Mais peu importe ce qu'il fit ce jour là, la vision des deux adolescents revenait dès que son esprit n'était plus assez occupé. Pourquoi pensait-il à eux alors qu'il n'était pas inhabituelle de les croiser dans l'orphelinat ? Ludwig lui-même n'avait put mettre le doigt dessus, mais sa curiosité n'en était que grandie. Sa frustration évolua de même alors que l'après-midi passait et qu'il n'avait pas revu les deux gaillards.
Ses pas, trainants et bougons, le menèrent alors vers la chambre de Liam. Sans gêne, Ludwig s'assit su le lit moisi en faisant couiner les ressors rouillés. De tout façon, l'intimité était une chose rare dans un établissement où tout le monde était empaqueté et où toutes les portes ou presque semblaient s'être envolées pour une résidence plus confortable. Silencieux, l'enfant resta là un instant à observer ses propres pieds balancer dans le vide. Ses chaussures trop grandes lui donnaient l'air d'un clown, mais elle se révélaient passionnante lorsque, comme à l'instant, l'orphelin n'avait pas plus intéressant à faire que de faire gigoter ses doigts de pieds dans l'espace en trop.
Il resta là, un certain temps. Une montre était un objet souvent prisé pour les pickpockets, mais même si Ludwig en avait dérobé plusieurs, il les avait toutes jetées bien vite. Leurs tic-tacs et leur avancement mécanique et régulier l'angoissaient, comme s'ils imposaient leur marche à suivre, immuable, ennuyeuse à mourir. De plus, il rappelait horriblement Mme "Tic-Tac",la directrice des lieux, alors pas besoin de plus pour passer l'envie d'avoir tout engin émettant ce son. Le temps, l'orphelin le sentait et le voyait passer grâce à la lumière qui doucement, délicatement, annonçait la tombée de la nuit. Comme une mère tendre bordant son enfant, le voile noire recouvrait peu à peu le ciel, mais malheureusement, Ludwig ne pouvait comprendre cette métaphore.
Habituellement, Ludwig n'était pas du genre à rester sur place très longtemps car souvent et rapidement, il a tendance à se lasser de ce qu'il fait. Pourtant, il attendit sur le vieux matelas jusqu'à ce que l'heure du diner soir annoncée. La rumeur bruyante des nombreuses petites voix affamées l'annonçait mieux que toute cloche ou tout appel. Mais cet évènement qui généralement réjouissait les enfants souvent affamés, sembla énerver grandement Ludwig qui sauta sur le sol. Il ne quitta pourtant pas la pièce et, cherchant de son regard furibond un objet sur lequel défouler son étrange colère, il tomba sur l'oreiller de Liam. Le saisissant de ses petites mains, il le secoua de toute ses forces, le cognant contre le matelas, les murs et les lattes abîmées du parquet qui trouèrent rapidement la taie. L'explosion de plume se répandant dans toute la chambre sembla satisfaire le gamin qui un instant quitta son air contrit pour un grand sourire amusé. Ses yeux bleus observèrent les plumes chuter doucement et avec élégance sur le parquet pourri dans un silence presque religieux. Mais la joie fut de courte durée une fois que le balai des flocons blancs fut finit. Ludwig tenta de le relancer d'un coup de pied, mais ennuyé, il retrouva sa moue mécontente. Voir le sol jonché de plume et la taie d'oreiller éventrée sembla même le frustrer plus encore. Apparemment, ça n'était pas suffisant pour punir Liam de l'avoir fait attendre une moitié d'après-midi.

Le calme, Ludwig sembla le retrouver qu'une fois ses cheveux lentement caressés par une brise fraiche. Ses yeux étaient apaisée par la pénombre et ses oreilles par le silence. Le bruissement des feuilles agitées par le vent était comme une berceuse comparée aux piaillements incessants des orphelins. Ludwig appréciait cette petite rumeur qui lui rappelait qu'il n'était pas seul, mais pour une fois, la solitude l’apaisa plus qu'elle ne l'inquiéta.
Pourquoi était-il si remonté ? Maintenant confortablement posé sur le pont du petit château de bois, il eu tout le loisir de se demander pourquoi. Il s'en fichait bien que Liam fasse crac-crac avec Chloé même s'il avait que ça n'était pas le cas. Il s'en fichait que les adolescents fassent leur trucs dans leur coin. Ils s'en fichaient de leurs jeux ou de leurs problèmes.
Sentant la colère monter en lui à nouveau alors qu'il se mettait inconsciemment à gratter le bois avec ses ongles sales, il souffla longuement et fixa au loin. Allait-il attendre à nouveau ? Dans ses grands yeux, brilla une teinte de tristesse. Mais rapidement, un petit sourire chassa cet instant de faiblesse. Un sourire mutin au souvenir de la chambre dévastée. Non, Liam ne le ferait pas attendre bien longtemps une fois qu'il aurait vu la pagaille et le petit mot élégamment placé sur le matelas du lit. Souriait-il ou grognerait-il à la vue de l'écriture soignée de Ludwig ? Lui en tout cas, avait bien rigolé lorsqu'il avait écrit sur un bout de carte froissée :



Rejoignez-moi au château,
où le prochain ventre percé sera
celui de la princesse !


Ou peut-être a-t-il simplement pensé : « Sale gosse. »

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MessageSujet: Re: Sale(s) gosse(s)...   Ven 28 Sep - 5:51

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La température baissait au fur et à mesure que le temps passait. L'attente du petit garçon s'allongeait doucement, mais au lieu de s'énerver et s'échauffer comme il l'avait fait dans la chambre de Liam, Ludwig se sentit frissonner et se recroquevilla. Il posa son menton sur ses genoux repliés et fixa là d'où il espérait voir l'adolescent le rejoindre, avec une étrange intensité. Peut-être espérait-il que plus il était sérieux et concentré dans son attente, plus vite le concerné arriverait, mais il n'en fut rien.
La jovialité et la taquinerie qui l'avait poussé à venir sur l'aire de jeu avait disparu et avec elle, les raisons de l'attente. Pourquoi attendait-il ? Pourquoi était-il sortit ? Pourquoi voulait-il voir Liam à tel point qu'il avait passé une après-midi entière à ne rien faire ? Les questions émergeaient lentement dans l'esprit de l'orphelin qui, têtu et acharné, ne bougea pourtant pas d'un poil.
Le jour s'assombrissait à peine, mais la pénombre pressait le petit garçon de rentrer à l'orphelinat. Le repas, il pouvait le rater car il ne pénalisait que lui-même en n'allant pas quémander sa nourriture, mais les surveillants étaient bien moins insouciants lorsqu'il s'agissait de se balader dehors la nuit. Ludwig était en plus connu pour être un gamin à problème, insolent et cleptomane, il avait déjà rapporté plusieurs plaintes le concernant à l'orphelinat. Mais se serrant plus fort, et fixant toujours plus intensément le petit chemin, il chassa la crainte de la punition dans sa seule pensée : quand Liam allait arriver.

Il s'attendait à crier, sauter, gronder ou éclater de joie lorsque ce moment arriva enfin, mais il ne bougea pas alors qu'une silhouette bien familière se dessina sous ses grands yeux bleus. Quand il vit Liam s'arrêter et le chercher du regard, il ne l'interpella pas, même s'il risquait de le voir repartir si celui-ci ne le voyait pas. Heureusement, l'adolescent l'aperçu perché sur le petit ponton de bois et le rejoignit, peu enjoué. Pourtant, il joua le jeu du petit garçon en reprenant les termes du message qu'il avait laissé sur le matelas, dans la chambre saccagée. Ludwig fronça les sourcils en le regardant jouer la comédie, comme s'il ne comprenait pas à quoi le rouquin faisait référence, mais se rappelant bien vite, il haussa les épaules et eu une moue boudeuse. Qu'avait-il bien pu lui passer par la tête ?
« C'est toi qui joue les chevaliers.» répliqua-t-il avec amertume sans chercher à plus expliquer ses propos. Le souvenir de Liam avec Cloé, filant dans les couloirs de l'orphelinat sans même lui accorder un regard lui serra la gorge et le renfrogna.

Liam monta sur la structure avec le mélange caractéristique d'agilité et de maladresse des jeunes hommes et, en le sentant s’asseoir à ses côtés, Ludwig sentit la chaleur qui s'émanait du jeune homme et frissonna. Il ne se souvenait pas avoir si froid. Mais il ne se blottit pas contre lui. Au contraire, il se crispa, boudeur, et détourna le regard. « J'voulais jouer, mais t'es tellement lent, j'imagine que ça m'est passé. »
Maladroitement, l'enfant se releva, sentant chaque parcelle de sa peau découverte le piquer. Ses pieds étaient engourdis, mais il sauta à bas du château de bois. Déséquilibré, il chuta, les genoux dans le sable et se releva. Il ne souhaitait pas réellement partir après toute cette attente, mais pourtant, être proche avec celui qu'il avait attendu ne l'enchantait pas. Il resta là, debout et indécis, mais finit par se retourner vers Liam, une lueur de colère et de tristesse dans le regard.
« Qu'est-ce que tu faisait avec Cloé ? » demanda-t-il enfin, sans se rendre compte que la jalousie était écrite sur son petit visage. La question n'était pourtant pas déplacée. Ludwig avait toujours été quelqu'un de très curieux, et il n'avait pas besoin de l'être beaucoup pour s'étonner de ce qu'il avait vu. D'habitude, Cloé et Liam se chamaillaient, se taquinait, s'embêtaient avec de petits sourires moqueurs et des étincelles dans les yeux, mais lorsqu'il étaient passés dans ce couloir ce matin, cette énergie et cette excitation que créait leur duo semblait avoir disparu au profit d'une banale inquiétude, une banale amitié.

Il observa Liam de son regard inquisiteur, et un fourmillement désagréable se fit ressentir dans sa poitrine alors qu'il devait lever les yeux pour voir l'adolescent sur le ponton. Il avait toujours dû le faire vu que Liam était bien plus vieux et plus grand que lui, mais quelque part, Ludwig sentait que c'était différent. Frissonnant, triste et abandonné, il du lever les yeux un peu plus et su en voyant Liam l'observer d'en haut ce qui le dérangeait tant. On aurait dit un adulte.
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