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 Plic Plac Tic Tac

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MessageSujet: Plic Plac Tic Tac   Ven 14 Sep - 10:30

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Plic Plac Tic Tac
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[color=#708090]En temps de pluie, lorsque les nuages recouvrent le ciel de leur blancheur molletonneuse, il est plus difficile de voir le temps passer. Comme si la ville était figée, ses bâtiments étaient baignés dans la même lumière blafarde et morne depuis le matin. Les gouttes de pluie s'abattant sur le sol, les toits et les murs étaient les seules choses qui prouvaient que le temps ne s'était pas réellement figé.
Ennuyé et abattu par la grisaille, l'écolier s'était immobilisé lui aussi, son visage boudeur soutenu par une petite main, le regard songeur perdu dans la contemplation de la cours de récréation. Le sol boueux semblait pétiller sous la petite averse, mais aucun enfant ne semblait inspiré pour aller y jouer. Dans la rue qui se profilait derrière le portail, des silhouettes furtivement passaient en relevant leur col, se cachant sus leur parapluie de couleur délavé.
Sur un petit éclat de voix de l'enseignante, Ludwig détourna son regard vers la classe calme. En temps de pluie, même les illustrations de son livre de cours semblent plus terne, moins intéressantes. La voix de Mme Blanchard est la meilleure des berceuses pour adoucir les tracas et plonger les enfants dans une transe confortable. De ses yeux bleus, l'orphelin repéra deux camarades affalés et bavant, mais le reste de la classe ne semblait pas plus attentif. Ludwig fut un des seuls, avec une autre petite fille, à comprendre que le professeur avait en fait annoncé la fin de leur leçon. En rangeant son manuel, il écouta à moitié les conseils qu'elle leur donna pour le prochain cours, en attendant la sonnerie.

Le "dring" agressif réveilla les enfants plus efficacement que n'importe quel sourire de Mme Blanchard, mais émergeant d'une longue après-midi, même l'enthousiasme des élèves pour la fin des cours semblait faible. Tous, se mirent à ranger leurs affaires avec des gestes lents et Ludwig, qui avait prit de l'avance, se permit de quitter la classe en premier. Il fut l'un des premier dehors, à frissonner et à son tour, de remonter son col pour empêcher la brise froide de s’engouffrer sous son manteau. Comme s'ils s'étaient matérialisé au son de la cloche, de nombreux parents attendaient maintenant leurs enfants au portail. Voulant éviter les embouteillages, Ludwig prit une bouffée d'air motivante avant de sortir sous l'averse.
S'avançant vers la masse des parents de son air nonchalant habituel, il les observa s'écarter comme s'il véhiculait une maladie contagieuse. Il fut ravis qu'on lui laisse le passage, même si pour une fois, il aurait aimé profiter de leur parapluie. Déjà, l'eau avait collé ses cheveux soyeux à son petit crâne et quelque gouttes coulaient le long de sa nuque, mouillant le col de son T-shirt. Attendant ses camarades de l'orphelinat, il trottina jusqu'à un immeuble dont le toit l'abritait un peu de l'averse.

Maintenant sortit de son état léthargique, Ludwig observa à nouveau la ville. Bizarrement, la pluie semblait au contraire activer la ville. Les quelques voitures qui passaient, éclaboussaient autour d'eux en faisant du bruit. Les passants se précipitaient pour ne pas se faire mouiller, et le "plic-ploc" des gouttes d'eau obligeait les gens à parler plus fort pour se faire entendre. Mouillé, l'enfant avait l'impression que le vent était aussi plus froid, plus fort, et grelottant il commença à s'impatienter. Peu d'enfants étaient déjà sortit car beaucoup n'avaient pas hâte de se mouiller, mais lassé d'attendre ses petits copains comme à son habitude, Ludwig décida de partir et prit le chemin de l'orphelinat d'un pas rapide.
Il n'aimait pas du tout la pluie, et d'ailleurs, il se demandait bien qui pouvait aimer ce temps. Même armé d'un parapluie, on aimait pas rester dehors et se confinait à l'intérieur. Pour un enfant qui adorait arpenter les rues de StoryBrooke pour y accomplir des méfaits par dizaines, devoir rester dans l'enceinte de l'orphelinat était une torture des plus frustrante. De plus, avec tous les autres enfants mouillés, il y planerait une odeur de moisi et de chien humide pendant plusieurs jours. Plus ses pas en direction de sa prison éclaboussaient ses chaussettes et ses mollets et que la pluie martyrisait son petit corps, plus la frustration grandissait en lui.

Trempé, Ludwig dû faire une halte contre la devanture d'une boutique et redresser la lanière de son sac sur son épaule. Il souffla d'une moue mécontente en pensant à ce qu'il aurait put faire de cette après-midi si le ciel ne lui pissait dessus. Mais, alors qu'il reprenait son souffle, une petite mélodie attira son attention. Sous le bruit parasite de l'averse, il ne perçut pas vraiment de notes, mais l'écho musical lui titilla assez les tympans pour qu'il en cherche la provenance. Elle ne venait pas de la boutique comme il le cru d'abord, mais d'une petite fenêtre de la ruelle adjacente. Trop haute pour que l'enfant puisse épier, elle indiquait cependant que c'était dans l'horlogerie que résonnait la musique. Sans réfléchir, Ludwig y pénétra.
Le tintement de la cloche d'entrée le surprit et il se figea sur place, se demandant enfin pourquoi il était entré. Mais alors que la porte se referma derrière lui sur la pluie et le vent, que la chaleur caressa sa peau mouillée et que le son agréable d'une guitare l'accueilli, il ne fut pas mécontent d'être entré. Ce ne fut cependant qu'une première impression car, alors que les secondes passaient, il entendit sous les accords entrainants, le martellement de nombreux "tic-tac" des horloges pendues aux murs. Le son d'une seule le stressait et l'angoissait, mais le vacarme de dizaines étaient moins effrayantes, mais plus énervantes.

Il observait les divers modèles d'horloges d'un air contrarié lorsque la guitare cessa et que le propriétaire des lieux arriva. Ruisselant et toujours debout à l'entrée, le petit garçon lui jeta un regard d'insolence bleue, comme il en avait l'habitude lorsqu'il rencontrait un adulte. Il n'offrit pas de salutation, mais face au grand homme chevelu, il sentit tout de même qu'il devait se justifier.
« Il pleut. » lâcha-t-il simplement de sa voix enfantine mais ferme.

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MessageSujet: Re: Plic Plac Tic Tac   Mar 18 Sep - 18:34

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L'horloger sourit et un instant, Ludwig se renfrogna en croyant que celui-ci se moquait de lui. Pourtant, il ne se trompait pas. Dehors, malgré le vacarme mécanique des horloges, le bruit de l'averse restait audible et visible par la vitrine. L'enfant dégoulinait même encore d'eau de pluie, ce qui justifiait sa venue dans le magasin, bien mieux que sa courte phrase.
Mais l'homme ne se montra pas moqueur ou hautain et l'invita à ne pas rester près de la porte. Par réflexe, Ludwig haussa les épaules d'un air désintéressé. Son attitude insolente et irrespectueuse était une carapace qu'il avait du mal à ne pas revêtir, surtout face à un étranger. La grande carrure du monsieur ne le mettait pas plus à l'aise, et même s'il plaisantait de ne vouloir le manger, il avait l'air d'en être tout à fait capable. Seule une lueur bienveillante dans le regard du marchand incita l'orphelin à s'éloigner de la porte et pénétrer plus en profondeur dans l'échoppe.
Il garda sa moue boudeuse et son regard méfiant en s'approchant de l'individu aux apparences amicales et bienveillantes. Il n'était pas plus fan des adultes mielleux et condescendants que de ceux strictes et violents. Quelque chose dans leur sourire, leur volonté de protéger avait quelque chose de dégradant aux yeux de l'orphelin qui depuis toujours avait dû se passer d'une telle chose.

Pourtant, lorsque l'horloger lâcha un gros mot en qualifiant le temps, le visage de l'enfant se dérida pour laisser apparaitre un sourire et même laisser échapper un petit rire. Ludwig ne su pas si c'était le mot ou la façon naturelle avec laquelle la conversation continuait, mais il se sentit plus détendu. S'approchant du comptoir, il laissa son sac tomber au sol pour soulager sa petite épaule. Le marchand n'avait pas l'air de vouloir le sortir, et comme le "sacré temps de merde" n'allait apparemment pas se calmer de suite, l'enfant se permit d'être un peu plus à l'aise.
Alors que l'adulte lui sortit une chaise, Ludwig l'observa de ses grands yeux bleus, le sourire plus discret. De sa mimique, il sembla demander si c'était bien pour lui que la chaise était destinée. Curieux, il commençait à chercher qui pouvait être cet homme en dehors d'un nouvel adulte, grand et indésirable, de Storybrooke. Il n'eut pas le temps de le détailler autant qu'il voulait, mais il resta tout de même immobile à fixer le petit escalier par lequel l'individu s'était en allé.

Interdit, il lorgna la chaise en fronçant les sourcils. Etait-il sensé s'assoir sur cette chaise en attendant sagement son retour ? Un petit sourire mutin gagna ses lèvres alors que la curiosité laissait place à du dédain dans son regard brillant. Pas très malin celui là.
Alors, son grand regard bleu se mit à détailler la pièce avec vivacité et intelligence. Faisant fi des nombreuses horloges, il s'intéressa rapidement au petit comptoir où s'entassait quelques papier et la caisse. Il n'alla pas pour l'argent sachant que les caisses de magasins étaient toutes équipées de ce malheureux "ding" bruyant lorsque leur tiroir à pièces et billet s'ouvrait. Il fourra néanmoins deux jolis stylos dans sa poche avant de passer aux tiroirs. Il en ouvrit un qu'il referma rapidement en découvrant de la paperasse. Il piqua un outil bizarre au manche de bois mais à l'embout métallique qui servait surement à creuser le bois et referma le deuxième tiroir. Il s'apprêtait à farfouiller dans un autre lorsqu'il entendit des pas et s'éloigna du comptoir pour regagner la chaise où il était sensé patienter. Il sauta dessus alors que l'homme revenait les mains chargées de tasses et un paquet de gâteau sous le bras. Feignant l'attente, le petit fit battre ses pieds dans le vide et se retourna à l'arrivée de l'adulte avec un sourire. Les mains dans les poches, il s'assura néanmoins qu'aucune forme suspecte ne pointait hors de son manteau.

En voyant le chocolat chaud lui étant destiné, il eu un grand sourire d'enfant non-simulé. Il n'y avait pas de culpabilité dans son expression d'enfant agréablement surprit malgré le fait que l'homme qui lui offrait cette délicatesse était celui qu'il venait de voler. Mais après tout, ça n'était qu'un outil et deux stylo, il n'en avait sûrement pas besoin. Il se crispa néanmoins lorsque l'horloger lui conseilla d'ôter son manteau, croyant un instant qu'il s'était fait pincé. Rapidement, il enleva tout de même son manteau pour le poser sur le comptoir, s'assurant une nouvelle fois que ses trouvailles n'étaient pas visibles.
Excité et pressé, Ludwig retourna à sa tasse de chocolat chaud qu'il eu du mal à saisir. La surface chaude de la tasse contre ses doigts gelés le brûla et il dût retenter en prenant cette fois la tasse par sa poignée. Soufflant sur le liquide, il n'entendit qu'à moitié l'horloger lui demander s'il pouvait reprendre sa guitare. Il hocha vigoureusement la tête avec enthousiasme en continuant de fixer son chocolat. Frustré de ne pouvoir boire de suite sa boisson brûlante, il n'arrivait tout de même pas à détendre son grand sourire. Un chocolat chaud après une journée pluvieuse d'école, sans vraiment le savoir, Ludwig réalisait un rêve.
Depuis son premier jour d'école il avait lorgné ces mamans et papa qui venaient chercher ses camarades. Avec un gouter lorsqu'ils savaient qu'ils auraient faim, une écharpe pour s'il auraient froid, un bisou s'il étaient tristes. Lui, il devait prendre lui-même la route de l'orphelinat où personne ne l'attendait, mais où on le punirait s'il venait à manquer à l'appel. S'il avait eu une famille, cette chaise, ce chocolat chaud et cette mélodie aurait été tout ce qu'il aurait désiré en rentrant chez lui.

Alors qu'il se permit enfin de goûter au chocolat chaud du bout des lèvres, il laissa échapper un soupir de bonheur. La boisson était encore trop chaude pour être pleinement dégustée, mais déjà la chaleur se propagea dans son petit corps en le faisant frissonner. Ses papilles à moitié ébouillantée étaient baignées dans un paradis sucré qui ne l'aida pas à attendre que le chocolat refroidisse.
Impatient et n'aimant pas rester immobile, Ludwig descendit de sa chaise et s'approcha de l'homme à la guitare. Sa mélodie avait recouverte les "tic-tac" agaçant des horloges et les "plic-plac" des gouttes de pluie dehors. L'enfant l'observa un moment, silencieux et attentif, mais le jeux était bien trop compliqué pour que l'esprit pourtant vif de Ludwig y comprenne quoi que ce soit de logique. Même si les doigts du guitaristes s'agitaient, la musique était si fluide quelle semblait produite magiquement.
Il prit une nouvelle gorgée de chocolat chaud et cette fois, la température lui permit d'en engloutir une bonne partie. La douceur et le goût délicieux prit au dépourvu le jeune garçon qui haussa les sourcils avec un grand sourire. Il savait que le chocolat qu'il avait goûté un jour de bonté à l'orphelinat n'était pas le meilleur, mais il ne s'attendait pas à ce qu'il paraisse si dégueulasse comparé à celui-ci. Conscient qu'il devait avoir une expression bien stupide devant sa tasse, il se détourna du guitariste faute de pouvoir contrôler sa joie. Il se balada d'une démarche légère dans l'échoppe pour occuper ses yeux alors que ses oreilles continuaient d'apprécier les morceaux de guitare. Il se surprit à contempler les horloges d'un œil curieux et intéressé alors que d'ordinaire, elles étaient des objets que l'orphelin avait du mal à ne pas détester. Il observa les divers motifs, les gravures élégantes et amusantes du bois, les petites figurines collées et les balanciers envoutants.

Une fois avoir fait le petit tour, sa tasse était vide et il alla la déposer sur le comptoir avec un petit sourire. Il était détendu, réchauffé et joyeux, et tout aurait put continuer ainsi si ses iris bleus ne s'étaient posés par hasard sur un cadre de photo. Sans y faire d'abord attention, il s'attarda un peu plus sur les silhouettes. Une femme souriante tenait un petit garçon. Il ne fallu pas plus à Ludwig pour se renfrogner et quitter son petit sourire. C'était la seule photo qu'il avait remarquée et pour un homme comme l'horloger, cette femme et ce garçon n'avaient pas vraiment beaucoup de significations différentes.

« C'est votre fils. » demanda-t-il alors d'une fois qui sonna presque plus comme un reproche qu'une question. Il voulait demander si c'était là la "famille" de l'horloger, mais le mot "fils" qui franchit ses lèvres montrait bien que c'était le petit garçon qui l'importait plus. Alors ainsi, il y avait bien un autre etit garçon auquel le guitariste servait si gentiment du chocolat chaud, des gâteaux et une chanson : son fils. Venait-il le chercher à l'école ? Ou le laissait-il rejoindre son atelier après les cours ?
Ne se souciant pas s'il interrompait le joueur ou si celui-ci avait finit par arrêter, il se retourna et le dévisagea. La jalousie avait froncé ses petits sourcils et refroidit ses iris bleus.


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MessageSujet: Re: Plic Plac Tic Tac   Mer 19 Sep - 20:49

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La mélodie s'arrêta et dans le petit magasin, le silence semblait alourdit par le vacarme des horloges qui redevenait audible. Conscient qu'il se mêlait là de quelque chose qui ne le regardait pas, et qu'il ne se comportait pas de façon très correcte, Ludwig se détourna du regard de son interlocuteur. Il n'était pas du genre à faire des manières, mais cette fois, son manque de tact n'était pas voulu. Néanmoins frustré, il se crispa en sentant l'homme s'approcher de lui et regarder la photo à son tour. En ayant confirmation des personnes dans le cadre, la moue de l'orphelin se fit plus grande. Si l'horloger avait une femme et un garçon, qu'avait-il à faire d'un orphelin sale, mouillé et malpoli ? Son regard attristé se posa un instant sur la tasse vide de chocolat chaud qu'il avait déposé sur le comptoir. Qu'espérait-il de plus de toute manière ?

Mais sa tristesse fut interrompue par les mots de l'horloger qui, bien que calmes et dénués de sanglots, exprimait une peine profonde. Bien qu'il n'en ait jamais eu, l'orphelin comprenait que perdre une femme et un enfant était quelque chose de terrible. Surprit et désolé, il lança un regard bleu timide en direction de l'adulte. A la vue de son expression attendrie et songeur avec laquelle le veuf regardait la photo, Ludwig sentit sa jalousie fondre et laisser place à un certain malaise. Il n'allait pas être jaloux d'un gamin mort, si ?
Il écouta le récit de l'homme en silence, à la fois gêné et fasciné d'apprendre tant de l'intimité de l'inconnu. Voilà sept ans que l'horloger avait vendu sa maison après avoir perdu sa femme et son enfant. Surement pour se détacher de ce passé douloureux, il avait tout quitté pour se consacrer à son petit magasin. Le regard que l'enfant jeta à nouveau à l'échoppe se montra plus respectueux. C'était là tout ce à quoi l'homme détruit aspirait à présent.
A nouveau, ses yeux bleus se posèrent sur la photo que l'horloger tenait maintenant dans ses mains, la caressant avec amour. Il observa la dame, jeune, belle et souriante, le cliché que tout orphelin rêvait à propos de celles qu'on appelait "maman". A ses côté, un petit garçon frêle mais à la stature droite et au visage expressif. Bien que ce dernier soit moins pâles et avec des yeux moins bleus, sûrement plus petit vu leurs trois ans d'écart, Ludwig comprit que quelque part dans l'esprit de l'ancien père, ils se ressemblaient. L'enfant ne sut pas si cette idée lui plaisait ou pas. Il rêvait d'un père même si la tendresse d'une maman était toujours la chose la plus attirante pour les orphelins, mais il ne se sentait pas très à l'aise en sachant qu'il devrait alors jouer le rôle d'un enfant mort.
Il continua d'observer ce petit garçon qui, quelque minutes auparavant le rendait jaloux. Il ne se souvenait pas de lui et pourtant, s'il avait été à StoryBrooke, ils auraient dû fréquenter la même école. Comme Ludwig s'était toujours mieux entendu avec les plus jeunes à l'orphelinat comme en classe, il lui arrivait souvent de trainer avec des enfants des classes inférieures. Il l'observa longuement, mais décidément, cette figure ne lui rappelait rien. Embarrassé de ne pas se souvenir d'un ancien camarade maintenant décédé, Ludwig se pinça les lèvres et détourna les yeux. Il ne remarqua pas qu'à la mort du garçon, il n'était pas encore né.

Profitant que le guitariste retourne lui aussi à sa chaise et à son café, Ludwig s'éloigna sans pourtant se rassoir. Pas sûr de vouloir rester plus longtemps, il toucha le tissu humide de son manteau. Il eu une grimace lorsque son interlocuteur sembla penser que c'était à son tour de s'exprimer. Ça n'était pas parce que l'adulte s'était lancé dans un récit décomplexé de sa vie que l'orphelin voulait en faire de même. Depuis toujours, il avait l'impression que parle de lui le rendait plus faible face aux autres. Sans nom, sans identité ou histoire, il pouvait aller et venir dans l'esprit des gens sans être personne, et en pouvant être n'importe qui. Que pouvait-il raconter de toute manière ? Sa vie à l’orphelinat était tellement monotone que sa propre enfance restait floue. Depuis toujours, il avait été un des nombreux orphelin de l'orphelinat. Qu'y avait-il de passionnant à raconter dans ça ? Il comprit qu'il ne pouvait quand même pas se permettre d'ignorer la question. S'il ne partait pas, ça n'était pas pour rester là, dans un silence gêné meublé de tic-tac et de plic-plac.

« Ils sont partis depuis longtemps maintenant, ils sont au cimetière... s'amusa-t-il à copier avec un petit sourire plaisantin. ... ou je sais pas. Je ne vais pas les voir parce qu'ils ne viennent pas non plus. Personne ne s'inquiète pour moi, non. » finit-il, laissant la sincérité briser sa plaisanterie et diminuer sa voix. Dans ses yeux, colère et tristesse assombrissait le bleu alors qu'à nouveau, il jeta un regard vers la tasse vide. « Un horloger qui s'appelle Wristwatch, ben voyons ! se moqua-t-il en chassant sa petite déprime. Vous auriez dû vous appeler Monsieur Clock ou Big Ben ! Ou encore Monsieur TicTac, mais je connais Madame TicTac et vous êtes pas du tout son genre.» détendu par la plaisanterie, Ludwig regagna son sourire et s'approcha à nouveau de l'horloger.
Il tendit la main vers lui mais pas pour lui serrer la main. « Moi c'est Luis. Mais c'est pas pour parler que je suis venu ! dit-il avec entrain en saisissant la guitare Apprenez-moi !»


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MessageSujet: Re: Plic Plac Tic Tac   Mer 26 Sep - 12:03

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Souhaitant surtout dévier la conversation, Ludwig fut surprit devoir son souhait exaucé. Figé et un instant incrédule, il fixa l'homme sans pourtant se détacher de son sourire. Après lui avoir offert un chocolat chaud, ce dernier allait-il vraiment lui apprendre la guitare ?
Le poids de l'instrument dans ses mains se fit sentir dans ses petits bras et il y jeta un coup d'oeil, comme il se rendait à peine qu'il s'en était saisit. L'objet de bois lui semblait si banal et pourtant si étrange. Quelque chose dans sa forme parvenait à convaincre l'enfant que de simple planches de bois et du fil pouvait faire de la musique, mais l'instrument marcherait-il entre ses serres de moineau ?
Surprit à nouveau, l'enfant se sentit soulevé dans les airs et avant de penser à se débattre, il se trouvait assit sur le siège du guitariste, la grosse guitare en travers de ses genoux. Celle-ci était si grande qu'il pouvait poser son menton au dessus de la caisse. Mais ça n'était plus l'instrument qui l'intriguait. Le souffle coupé, Ludwig avait sentit quelque chose en lui se crisper avec force. Comme si un trou avait soudainement aspiré quelque chose, un fourmillement étrange lui avait retourné l'estomac. Ça n'était pas la surprise de quitter le sol, mais les mains puissantes et énormes de l'horloger le saisissant qui l'avaient bouleversé.
Lorsque l'orphelin reprit ses esprits, il était seul. Il eu un soupir étouffé comme s'il se permettait un peu de faiblesse lors que l'absence de l'adulte. A ce relâchement, ses petites épaules tremblèrent et il se recroquevilla derrière la barrière de bois. Aucune émotion à part le trouble ne se lisait sur les sourcils froncés de l'enfant, mais si quelqu'un pouvait lire dans ces grand iris bleus, il y verrait de la terreur, mais aussi une goutte de bonheur. Pourquoi ce sentiment nausée était-il agréable ? Ludwig n'eut pas le temps de trouver de réponse avant le retour de Leydan et dû retrouver son sourire et son assurance.

Il accueillit son nouveau professeur avec un grand sourire, mais celui-ci ne fut sincère que lorsque ces yeux se posèrent sur les tasses et les tartines. Il connaissait la nouvelle marchandise, et bien qu'il n'en connaisse pas le goût, il n'aurait put être plus comblé en cette fin d'après-midi. C'était l'encas favoris de beaucoup d'enfant à l'école et à chaque fois, leur visages s'illuminaient lorsque leur mère ou leur père leur apportait pour le goûter. Cette fois, c'était au tour de Ludwig de goûter à ce bonheur.
Près à se jeter dessus et à saisir la tasse de chocolat à nouveau pleine, il faillit laisser tomber l'instrument encombrant de ses genoux, mais le rattrapa à temps. Difficilement, il déposa la guitare sur le sol pour enfin recevoir ses cadeaux. Il n'y avait plus de fierté, plus de dédain, plus de méfiance dans les yeux bleus et pétillants de Ludwig qui se laissait complètement enivré par ce paradis sucré. Qui aurait cru qu'un peu de chocolat transformerait l'orphelin voleur et hargneux en un gamin des plus inoffensifs ? Beaucoup, en douteraient.

Voyant que le petit préférait son goûter à tout apprentissage, le professeur commença doucement par nommer les différentes parties de la guitare. Tentant de prêter un peu d'attention, Ludwig écouta et calma ses ardeurs gourmandes. De ses yeux bleus, il détailla l'objet qui peu à peu lui sembla moins mystérieux. Bien que les termes de caisse, de rosace ou de frette passa bien vite dans son esprit, il comprit que chaque partie avait un rôle dans la création du son.
Trop vite à son goût, il avait finit sa tartine et vidé à moitié sa grande tasse. La gourmandise lui en demandait plus, mais son petit estomac peu habitué à une telle nourriture le supplia bientôt d'arrêter le festin. Prenant une dernière gorgée de chaleur, le glouton souffla longuement et reposa le fond de chocolat chaud. Il eu un petit sourire triste en sachant qu'il ne profiterait sûrement plus d'un tel rêve. Il jalousait plus encore les enfants à parents maintenant qu'il savait ce qu'il rentrait retrouver. Mais avoir le ventre plein de bonne chose, le corps réchauffé et la voix posée et calme de l'horloger lui expliquant des choses l'empêcha d'être énervé. Il comptait bien profiter au maximum de ce moment privilégié. Il aurait bien assez de temps ou, se sentant seul et abandonné, il pourrait haïr les autres à sa guise.

La leçon théorique approchait sa fin maintenant que Ludwig ne mangeait plus et que tous les éléments de l'instrument semblaient avoir étés nommés. Mais toujours, en regardant l'épaisseur de "la grosse boite creuse" et du manche, l'enfant avait du mal à se voir la tenir. Il se rappela de la position du guitariste lors de sa précédente démonstration. Penché par dessus l'instrument, le caressant et le chatouillant tel un enfant, comment Ludwig pourrait-il faire ?
Avec une moue dubitative, il monta ses mains sous son regard et étira ses petits doigts aussi grand qu'il le pouvait. Mais même ainsi, elles semblaient ridiculement petites et maigres comparées à celles puissantes et impressionnante de Leydan.

« Je peux vraiment y arriver avec ça ?» demanda-t-il, un peu frustré en montrant ses mains d'un geste enfantin. C'était bien la première fois qu'il enviait quelque chose à un adulte. Depuis toujours, il avait apprécié être plus petit et chétif. Bien que beaucoup y voient une faiblesse, Ludwig aimait se penser plus agile, discret, plus futé que les gros bras stupides du lycée qui s'amusaient à martyriser les petits. Ayant toujours cherché à se conforté dans sa nature d'orphelin, il avait finit par ne rien vouloir des adultes et même prétendre ne jamais vouloir grandir. Mais ce soir, devant la grosse planche de bois, il aurait aimé être un peu plus grand, un peu plus fort.
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MessageSujet: Re: Plic Plac Tic Tac   Ven 5 Oct - 18:49

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Ludwig se figea lorsque l'horloger lui prit les mains. Elles étaient tellement petites comparées à celles de l'adulte qu'il cru qu'il allait se les faire écrabouiller. Pourtant, c'est avec une grande délicatesse que Leydan les observa d'un air très sérieux. Mais sentir qu'on le manipulait très gentiment n'eu rien de rassurant pour l'orphelin qui à nouveau, se sentit parcouru d'un frisson étrange et effrayant. Ses doigts étaient engourdis et lui picotaient doucement alors que des vagues de fourmillements se répandaient de ses bras dans tout son corps. Il avait chaud et son coeur semblait soudainement cogner plus ardemment contre sa poitrine. Ne comprenant pas ce qui lui arrivait, l'enfant sentit des larmes lui piquer doucement les yeux.

Lorsque l'homme lui annonça qu'il y avait un problème avec ses mains, Ludwig les porta devant ses yeux, troublé. Mais il ft encore plus troublé lorsque l'horloger le lâcha et s'éloigna car la sensation étrange le quitta si subitement qu'il sentit comme un grand vide dans sa poitrine, comme si son coeur avait soudainement disparu. Il reprit son souffle et se rassura de sentir de faibles battement dans son torse. Que lui arrivait-il ?
Profitant de l'absence de Leydan, il essuya rapidement les quelques gouttes qui brillaient derrière ses paupières d'un revers de manche. Il respira profondément plusieurs fois pour reprendre son calme. Il essaya de comprendre ce qu'il avait ressentit lorsque les mots du guitariste lui revinrent à l'esprit. Il fallait lui changer les mains ? Intrigué, il observa une nouvelle fois ses mains en fronçant les sourcils. Y avait-il vraiment des mains de rechange pour petit guitariste apprenti ?

Mais il se rendit rapidement compte que l'idée était stupide lorsque son professeur revint avec une guitare miniature entre les mains. A la vue de l'instrument, le visage de Ludwig s'illumina, chassant bien loin les étranges frissons. Dans les mais de l'horloger, la guitare paraissait minuscule, mais lorsqu'il la tendit à l'enfant, il eu la bonne surprise de la trouver à sa taille.
A présent, il put imiter tous les faits et gestes de son professeur qui reprit sa propre guitare pour faire la démonstration. Le contacte des cordes était rêche contre la peau lisse des doigts de l'orphelin et le "machin" ne cessait de vouloir s'échapper de l'autre main. Néanmoins, serrant et appuyant fort, Ludwig pu suivre sa première leçon et apprendre sa première mélodie. Elle était bien moins complexe que ce que Leydan avait pu lui faire écouter avant, mais la satisfaction de le faire par soi-même ajoutait beaucoup de beauté à ces quelques notes. Chaque pincement de corde résonnait dans la caisse et se répercutait sur le corps frêle de l'enfant qui avait l'impression de faire partie de l'instrument.

Alors que l'apprenti réussi à recréer la mélodie tout seul avec beaucoup de concentration, son professeur prit une pause et s'éloigna pour finir de boire son café. Sa voix interrompit la mélodie de Ludwig et ses grandes pupilles bleues vinrent l'interroger. Il mit un petit bout de temps à revenir sur terre et étrangement, le tintement des nombreuses horloges réapparu aux oreilles du petit musicien, comme une menace pressante du temps. Un instant, la peur des représailles étira ses traits. Il ne savait pas l'heure, mais il pouvait voir à travers la vitrine que le ciel était bien trop assombrit. Son regard paniqué retrouva le visage de Leydan mais, rapidement, il baissa les yeux. Il n'avait aucunement envie de partir. Sans le vouloir, il étreignit la petite guitare sur ses genoux.

« Oui. Je vais rentrer. » répondit-il tout de même d'une voix éteinte. Alors voilà ce que voulait dire le proverbe "toutes bonnes choses ont une fin". Il aurait voulu rester dans cette boutique pour toujours, à jouer de la guitare, boire du chocolat chaud, mais ça n'était pas possible et Ludwig était assez grand pour le savoir. Il était orphelin et Leydan n'était pas son père. Ce lieu n'était pas le sien, et il devait retourner à l'orphelinat.
Dépité, il descendit de sa chaise mais n'eu pas le courage de lâcher la petite guitare qui avait lair d'avoir été faite pour lui. Il lui jeta un dernier regard avant de la poser délicatement sur la chaise. Il aurait pu l'embarquer, se sauver avec ou même revenir un jour pour la subtiliser sans que Leydan s'en aperçoive, mais il ne voulait pour rien au monde gâcher le souvenir de cette soirée. Alors, lorsqu'il lâcha enfin le manche de la petite guitare, l'enfant avala sa salive en sentant une boule coincer sa gorge.
D'une démarche lente, il alla prendre son manteau et son sac qu'il enfila trop rapidement à son goût. En quelques secondes, il était à la porte alors qu'il aurait put prendre plusieurs minutes. Il se maudit de n'avoir prit plus de temps, mais le "tic-tac" incessant des horloges le pressait de rentrer et de laisse Leydan tranquille. Dehors, l'air froid avait créé une couche de buée sur la vitre de la boutique et Ludwig frissonna en sentant la température descendre, rien qu'en se rapprochant de l'extérieur. Se préparant pour dehors, il enfourna ses mains dans ses poches, mais un détail l'arrêta.

Un petit sourire se dessina sur ses lèvres, chassant sa tristesse. Il se retourna vers l'horloger alors que son sourire plaisantin grandit. « Je reviendrais ! s'exclama-t-il avec excitation. Pour vous rendre ça ! » Triomphant, il sortit les stylos et l'outil à bois qu'il avait volé des tiroirs du bureau de Leydan et les agita pour narguer leur propriétaire. En lâchant un petit rire d'enfant, il se précipita dehors et rentra en courant jusqu'à l'orphelinat.
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