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 Les chants des champs

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MessageSujet: Les chants des champs   Ven 18 Jan - 20:35



Dimanche matin, le soleil était à peine levé que le lit de Sirius Black était froid. Remus qui s'était réveillé d'un cauchemar poussa un soupir en voyant une fois de plus le lit de son ami vide et se rendormit. Ça avait été une autre nuit où le jeune Gryffondor n'avait trouvé le sommeil et, commençant à avoir l'habitude, il avait décidé de profiter du petit matin pour se dépenser physiquement dans un petit footing.
La nuit étant encore noire lorsqu'il quitta discrètement le château, c'est à quatre pattes et scrutant les alentours de yeux jaunes qu'il trottina en direction du lac. Saisissant ses habits délicatement entre ses crocs, il les déposa dans le creux d'un tronc d'arbre et commença sa ballade.
Il était peut-être celui des Maraudeurs qui appréciait le plus sa capacité d'animagus. Alors que l'idée d'origine venait de leur volonté d'accompagner Remus dans ses transformations, Sirius avait embrassé son autre nature et ressentait le besoin de se transformer plus souvent qu'à chaque pleine lune. Sirius soupçonnait Peter de se transformer en rat pour fuir des professeurs ou même se faufiler dans la chambre des filles, mais c'était toujours le canin qu'on reprochait de trop s'amuser de leur talent secret. Il était vrai que de nombreuse fois, Sirius avait hésité à se transformer devant témoin simplement pour faire peur à un serpentard arrogant mais la plupart du temps, ses amis Maraudeurs étaient là pour le rappeler à l'ordre.

L'animal espérait que l'effort physique lui permette d'échapper à celui psychologique mais il n'en fut rien. Même sous sa forme de chien, les tracas perçaient son esprit et le faisait grogner. Amy. Quelle erreur irréparable avait-il pu si bêtement commettre en pensant que tout cela était anodin. S'il avait réussi à agir naturellement, s'il lui avait parlé le lendemain comme si de rien était, peut-être que cela n'aurait pas prit une telle ampleur, mais il l'avait fuit et depuis ce soir là, il ne s'était plus recroisé. Pourquoi avait-il fuit ? Pourquoi avait-il été si déstabilisé par ce simple baiser ? Les questions tournèrent dans son esprit canin sans trouver de réponse.
Lassé de sa ballade, voyant le soleil roser le ciel, il se redirigea vers le lac. Avant de se transformer et de se vêtir, il se baigna quelques minutes dans l'eau glacial du lac pour se réveiller. Après avoir chassé l'eau de son pelage en se secouant vigoureusement, il reprit forme humaine et se vêtit. Les cheveux encore humides, il s’assit contre le tronc de l'arbre et observa le Soleil quitter l'horizon et s'assoupit enfin pour une petite heure.

C'est par son ventre tremblant qu'il fut réveillé de son court somme. A cette heure-ci, même les élèves les plus matinaux n'avait l'idée de se balader dans le parc. Sirius observa le soleil et grimaça. Il aurait peut-être dû profiter de sa sortie à l'aube pour arriver le premier dans la Grande Salle et éviter les autres élèves. Se relevant avec un soupir, il observa au loin les premiers élèves à rejoindre l'extérieur après leur petit déjeuner. Il ne mangerait pas seul aujourd'hui. Il prit alors la direction du château dans l'intention de calmer son estomac affamé mais s'arrêta à mi-chemin en apercevant une silhouette familière.
Amy Loreens venait de passer les portes. Sirius l'observa marcher dans une direction sans oser bouger. Il n'avait pas vraiment envie qu'elle le voit. Ça n'était pas le "Siriii" habituel de la groupie qu'il fuyait, mais son absence. Après ce qu'il avait fait à sa fan, il était normal que cette dernière se sente plutôt refroidie.

Il ne savait toujours pas ce qu'il lui avait prit dans ces escaliers. Se réfugier chez les femmes était un réflexe que le tombeur avait lorsqu'il se sentait déboussolé, mais embrasser Amy l'avait perdu plus encore. Il ne s'était jamais senti à l'aise avec l'idée d'une romance entre lui et la jeune blonde, peut-être parce qu'ils se connaissaient depuis trop longtemps. Depuis la première année il avait eu une petite Amy Loreens lui courant après des étoiles dans les yeux. Mais cela avait toujours été un jeu à ses yeux. C'était une bonne copine, une jolie copine, une gentille copine qui le faisait toujours se sentir bien, disait-il à ses parents furieux que leur fils fréquente une "Sang-de Bourbe". Lorsque Sirius commença enfin à s'intéresser aux filles qui lui faisaient du charme, il n'arrivait déjà plus à voir Amy comme une cible potentielle pour ses ébats.
Et pourtant il avait brisé sa propre limite en s'emparant des lèvres de son amie. Troublé et désarçonné, il l'avait immédiatement rejeté sans explication. Ce frisson proche du dégoût qui l'avait animé, était-ce envers Amy ou envers lui même ? En l'observant s'éloigner sous son regard, la culpabilité qu'il ressentit sembla lui chuchoter la réponse. Sans le vouloir, ses jambes le portèrent sur la trace de la jeune femme.

Celle-ci pénétra dans la forêt interdite d'un pas décidé, elle savait où aller. Sirius la suivit sans vraiment réfléchir à ce qu'il avait l'intention de faire. S'excuser ? C'était une chose que le jeune Black avait beaucoup de mal à faire, car alors il devait admettre avoir fait une erreur. Il se contenta de ne pas perdre la blonde de vue, progressant dans la foret avec agilité et silence. A chaque fois qu'il la voyait, il ne pouvait s'empêcher de remarque son élégance, sa beauté, mais aussi le malaise qu'il éprouvait en se rendant compte de son attirance pour cette groupie.
Plus le temps passa et plus Sirius commença à sérieusement se questionner quant à ses motivations. Pourquoi la suivait-elle sans rien dire ? Ça n'était pas le genre de choses qu'il faisait, c'était plutôt un truc de Peter, ou alors de Remus, ou encore de James lorsqu'il se trouvait soumit à Lily. Mais pas Sirius Black non. Le Grand Sirius Black ne suivait personne, c'était les autre qui lui courrait toujours après.

"Amy !" finit-il par appeler d'un air un peu mécontent et frustré.





Dernière édition par Admin le Ven 18 Jan - 20:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les chants des champs   Ven 18 Jan - 20:37



Le jeune homme retint sa respiration lorsqu'Amy se retourna en sursaut. En réalité, il craignait découvrir sur son visage, la même expression qu'il lui avait craché juste après leur premier baiser. Du mépris, du dégoût. Mais au lieu de cela, il vit la jeune fille se casser la gueule sur une racine d'arbre et se ramasser. Surprit mais amusé, Sirius se précipita pour voir si la Gryffondor ne s'était pas blessée. Ses inquiétudes furent chassées par la vulgarité habituelle d'Amy Loreens qui se releva d'elle-même.
Non préparé, il observa la jeune fille un instant et sentit un sourire s'afficher sur son visage à celui d'Amy. Pourtant, il se décomposa lorsqu'il la vit de détourner de lui sans un mot. Elle était blessée. Amy n'était pas du genre à montrer lorsqu'elle allait mal, d'ailleurs Sirius ne se souvenait même pas l'avoir déjà vu triste. Le seul souvenir qu'il ne parvenait à chasser c'était l'image de cette petite blonde hystérique courant vers lui en criant son nom. Il aurait aimé la voir courir en cet instant, même s'il savait qu'il finirait par la repousser une fois de plus. Égoïste, il se sentit vexé de voir que la direction que la blonde prit fut opposée à la sienne.
Il continua tout de même à la suivre, insatisfait de ce cours échange. Il parvint à garder le silence encore quelques secondes mais finit par ne pas pouvoir suivre sans rien dire plus longtemps.
"Ecoute Amy..." commença-t-il, mais il fut interrompu par cette dernière. Soulagé de l'entendre lui parler, il oublia ce qu'il voulait dire. Une création moldue ? Sa curiosité titillée chassa toute autre pensée sombre. Avec Amy, il avait découvert le monde moldu avec intérêt. Comme s'il s'aventurait dans un monde interdit, il s'était très tôt amusé des étranges objets, paroles et coutumes de la né moldue. Les seules fois où il venait de lui même parler à la petite blonde, c'était pour lui piquer des gadgets ou l'écouter raconter des histoires sur le monde moldu. Les voitures, les avions, les hiboux-humains qu'on appelle "facteurs", les mécaniciens qui ont des baguettes métalliques, tout ça avait toujours été passionnant pour de Sang-Purs auquel on interdisait tout contact avec cette culture. Qu'allait-elle lui montrer cette fois-ci ? La suivant avec enthousiasme, il oublia ce qui avait bien pu se passer entre eux et redevenait un gamin intrigué et curieux.

Les deux élèves débouchèrent sur une espèce de clairière ou des ruines décoraient la nature. Les pierres utilisées était si dégradées et sales qu'elles semblait à n'importe quel rocher des alentour. Mais une structure semblable à un reste de bâtiment s'élevait, comme si Mère Nature s'était essayée à la construction mathématique. La végétation qui avait grimpé sur les murs semblaient même porter les briques de l'édifice.
Amy s'arrêta enfin et se retourna vers Sirius avec un sourire. Celui-ci impatient attendit qu'elle lui montre la dite création moldue mais fut intrigué de ne rien voir d'extraordinaire. De la phrase de la Gryffondor, il comprenait que c'était une sorte de plante qu'il devait regarder. Il observa le sol et finit par remarquer que la végétation ici semblait être essentiellement composé d'une espèce de plante. Des fougères avec des feuilles en étoiles...

"Waaahh... De la mauvaise herbe." dit-il alors ironiquement, ne comprenant pas le moins du monde ce que ces plantes avaient de spécial. Voyant qu'ils avaient atteint leur destination, le jeune homme se posa sur le sol et cueillit une feuille de la plante et l'examina entre ses doigts fins. Il la renifla doucement mais n'y trouva rien de particulier et lança un regard intrigué à Amy, se demandant si elle ne lui faisait pas une étrange blague.
"C'est... un,euh... C'est quoi ?" demanda-t-il alors sans arriver à trouver une utilité plausible à cette feuille si banale.


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MessageSujet: Re: Les chants des champs   Ven 18 Jan - 20:42

Sirius regarda sa camarade observer attentivement les plantes avec concentration et silence. Il continua d'observer son propre échantillon, bien curieux de savoir la particularité de ce végétal. Une chose que Sirius avait bien apprit grâce à Amy est ses objets moldus, était que ce qui provenait du monde non magique était généralement assez complexe et plutôt difficile à utiliser. Alors que les sorciers s'armait d'une simple phrase ou d'un mouvement de baguette, les moldus, eux, avaient dû fabriquer leu propre magie à l'aide de mécanisme. Il fallait alors actionner d’innombrables boutons, leviers et rouages pour effectuer des actions des plus élémentaires. Les objets moldus ne s'animaient pas, ne changeait pas de forme et devant cette feuille qui ne cachait visiblement pas de mécanisme compliqué, Sirius resta perplexe. Pour lui, c'était toujours de la mauvaise herbe.
La forme de la feuille était plutôt élégante, une étoile dont les branches pointaient toutes vers le ciel. C'est peut-être une sorte de décoration ou de symbole. L'adolescent, ne sachant quoi faire avec sa trouvaille, la posa sur sa tête et croisa les bras.
Il fut ravi lorsqu'Amy reprit enfin la parole pour s'expliquer. Le silence n'était pas quelque chose d'habituel avec la jeune blonde, il sentait qu'une certaine tension s'était installée entre eux. L'écoutant tout en la regardant examiner une à une les feuilles de sa précieuse plantation, il tenta de comprendre l'utilité de la plante. Était-ce une herbe médicinale ? Empoisonnée ? Dangereuse ? L'adjectif qu'Amy trouva pour la qualifié fut "magique", ce qui troubla le jeune Black. Étrange façon de décrire une chose qui provenait justement du monde moldu. Haussant un sourcil, il resta néanmoins silencieux, attendant la suite des explications.
Amy sortit alors sa baguette et commença à traiter le produit qu'elle présentait. Patient et observateur, Sirius la regarda faire, un peu étonné qu'il eu fallut user de magie sur cette plante moldue. Il observa les graines et ça ne fut que lorsqu'Amy sortit une cigarette de sa poche que Sirius eu le déclic.

Aaah Amy et ses délicieux poison. Il l'observa allumer le fin rouleau qu'elle avait préparé avec le soin d'un experte et la poser entre ses lèvres pulpeuses. Sirius se sentit déglutir à la vue de ces bouts de chair si tendre et lisse, partagé entre le désir et l'embarra. Elle expira lentement une volute de fumée et s'approcha de Sirius avec un étrange regard.

Le Gryffondor eu un sourire crispé. Il eu l'impression de se sentir visé par la remarque d'Amy, il faut dire que ses yeux sombres le transperçaient complètement. Était-ce un regard de haine ou de reproche ? Ou était-ce de l'attirance qu'il voyait dans ces iris brillants ? Quoi qu'il en soit, Sirius ne se sentait pas indifférent face à Amy qui s'approchait de lui comme une panthère. D'habitude, c'était lui le prédateur, et l'autre soir, elle avait été sa proie. Mais en cet instant, il ne put s'empêcher de se sentir surplombé par la belle blonde. Presque tétanisé, il mit un certain temps à comprendre qu'elle lui tendait son joint.

Sirius n'avait jamais été du genre à fumer ou à boire. Il faut dire qu'il n'avait pas besoin de cela pour s'amuser. Il n'avait besoin d'aucun prétexte pour se désinhiber et d'ailleurs, il ne connaissait pas vraiment de limites. Pour lui, ce genre de produits avaient plus tendance à lui gâcher de bon moments, lui ôtant son précieux contrôle, faussant ses souvenirs et le rendant trop vulnérable à son goût.
Pourtant, ses doigts fin virent saisir le cadeau que lui tenait la jeune Gryffondor. Sans quitter ce regard sombre des yeux, il porta le cône à ses lèvres, comme hypnotisé. Un chien n'était-il pas fait pour obéir aux ordres d'un maître ? Sirius ne supportait pas l'idée et aimait plutôt se comparer à un loup solitaire. Mais c'était bien en gros chien qu'il se transformait, et devant Amy qui posait sur lui son regard si intense, il ressentit un certain plaisir à faire quelque chose que lui-même n'approuvait pas vraiment.
Il inspira longuement et laissa la fumée s'échapper d'elle-même de ses poumons.

"Et qu'est-ce que ça fait lorsqu'on en abuse ?" demanda-t-il alors d'une voix douce et posée. "On explose ? On se jette d'une falaise ? On tombe dans un sommeil éternel ? Ou... On s'attache à quelque chose de plus dangereux encore ?" dit-il en haussant un sourcil. Il se jouait de sa position de faiblesse car en effet, il ne connaissait rien de ce qu'il respira une seconde fois sous le regard de son professeur en la matière. Pour un maniaque du contrôle et de la supériorité, c'était une chose étrange de sentir dominé et de ne pas s'en inquiéter. A ce moment, Amy aurait pu lu foutre son poing dans la figure et l'attacher à un arbre pour lui faire endurer les pires souffrances, il aurait simplement sourit.
Mais peut-être était-ce dû à la fumette.


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MessageSujet: Re: Les chants des champs   Ven 18 Jan - 20:44



Il l'écoutait parler encore et encore alors que lui se contentait de la regarder. Un sourire avait élu domicile sur son visage et ne voulait se défaire des lèvres de Sirius. Quelque part conscient qu'il devait avoir l'air un peu stupide, il se les mordit dans l'espoir de faire partir son rictus euphorique sans succès. Les effets que la jeune blonde énumérait calmement avec expertise n'avaient rien de réjouissant mais Sirius n'en capta aucun mauvais côté, comme si déprimer, être malade et avoir l'impression de mourir était une chose complètement normale. Au lieu de s'inquiéter, il acquiesçait à chaque mot d'Amy avec intérêt en l’encourageant à continuer, comme quelqu'un de trop poli pour être respectueux.
Il l'observa ensuite s'éloigner et s'abandonner sur le sol vert et continuer sa tirade. Bien qu'Amy ne pouvait pas le voir, Sirius fit une grimace et fit non de la tête lorsqu'elle critiqua simplement l'interdiction des moldus. C'était un tic un peu stupide que le sang-pur avait développé alors qu'il avait sentit la haine des pensées radicales de ses parents sur les sang-purs. Ne voulant penser qu'être né de parents sorciers était mieux qu'être né de parents moldus, il avait développé un besoin de contredire tout ce qui visait à critiquer les non-sorciers.
Il écouta sa voix et son regard se perdit sur les courbes de la demoiselle sans y voir autre chose que quelque chose d'esthétique, d'élégant, comme s'il observait des lignes sur du papier blancs. Ses mots parvenaient à ses oreilles mais pas vraiment à son cerveau et attentif, il écoutait la mélodie des phrases de la blonde comme si c'était une berceuse. Sirius se sentait apaisé, relaxé, mais différemment de lorsqu'il s'endormait en cours, il éprouvait encore de l'intérêt pour ce qu'on lui racontait et tenta de ne pas partir trop loin de l'instant présent. Poudre de lutin, salvia, hallucinogène, champignons, merdes, tout cela était passionnant même si les phrases ne trouvait pas vraiment de sens dans l'esprit de Sirius.

Au final, ça n'était pas très différent des autres fois où il était venu voir la né-moldue, plein de questions sur le monde non-magique. Drogue ou pas, le jeune homme avait toujours manqué de patience pour trouver les réponses à ses questions. Il arrivait, demandait ci, pour ça, puis à propos de cela, il coupait toujours la blonde dans ses explications pour en apprendre plus et finir par ne rien écouter du tout. Il finissait toujours par quitter sa camarade en ne retenant qu'une chose, le son agaçant de la voix de la pipelette.
Mais aujourd'hui elle n'avait rien d'agaçante, au contraire, sa voix résonnait dans le cerveau du canin comme un baume relaxant. Grave et vibrante, elle l’envoûtait. C'est presque en sursaut qu'il revint réellement à ce qu'Amy disait lorsqu'elle s'excusa de tant de paroles. En effet, Amy causait et Sirius éclata d'un rire léger. Se tout façon, elle n'avait pas besoin de ce bâton pour être bavarde. Lui en revanche, commençait à apprécier cette sensation de délicate euphorie et à la quête d'une nouvelle bouffée empoisonnée, il se releva pour s'approcher d'Amy.
Ses muscles se détendirent tellement facilement qu'il eut un instant l'impression de voler, planer à quelques centimètres du sol puis atterrir délicatement aux côtés de la belle Gryffondor. Restant ainsi allongé à ses côtés un instant, il observa le ciel en oubliant ce qu'il était venu chercher. Lorsqu'il tourna la tête pour observer Amy, il se redressa et lui ôta délicatement le bâtonnet des doigts pour venir le poser entre ses lèvres et inspirer profondément en fermant les yeux pour apprécier la sensation.

Lorsqu'il les rouvrit, son regard se posa sur la peau blanche d'Amy qu'elle avait découvert d'un geste lent et sensuel. D'ordinaire, cela aurait mit Sirius très mal à l'aise et l'aurait même fait fuir, mais cela le fit sourire. Comme s'il s'agissait de n'importe quelle autre fille qui lui faisait du charme, Sirius bondit pour se mettre à quatre pattes au dessus de la demoiselle, sans ressentir aucune gène.
"Je ne suis pas aveugle moi." dit-il en ronronnant presque après avoir ôté la cigarette de sa bouche pour la placer dans celle d'Amy. Descendant au niveau du ventre plat et élégant de la Gryffondor, il souffla alors la fumée qu'il avait inhalé en remontant doucement jusqu'au visage de son amie. Il laissa alors échapper un petit rire euphorique et toucha le nez d'Amy du bout du sien comme d'un petit bisou innocent. Il se laissa ensuite retomber sur le côté pour s'allonger de tout son long sur l'herbe.

"Moi je te vois très bien, il faut dire que t'es toujours là à te dandiner devant mes yeux." dit-il alors d'une voix calme et heureuse, non conscient qu'il disait là des phrases qu'il n'aurait jamais dites d'ordinaire. "Coquine" rajouta-t-il en rigolant comme si l'idée de la séduction lui était comique lorsqu'il s'agissait d'Amy. Et c'était vrai, pour lui il était impensable de se comporter avec Amy comme il se comportait avec les autres femmes. Elle était comme une petite sœur, une meilleure amie, quelqu'un qu'il ne supportait pas toujours mais qu'il ne voulait pas voir s'en aller. A cette pensée, il enroula ses bras autour de la demoiselle et posa sa tête contre sa poitrine, se blottissant comme un gamin fatigué.

"Trouve-toi un copain." laissa-t-il expirer d'une voix un peu plaintive en fermant les yeux.
Il aurait aimé s'endormir paisiblement ainsi et se réveiller le lendemain toujours auprès d'Amy. En fait, il aurait aimé que tout ses soirées soient ainsi, il trouverait le sommeil bien plus facilement. Mais en demandant à Amy de se trouver un autre homme à harceler, il se privait lui même de ce plaisir. La raison n'était pas claire dans son esprit, d'ailleurs s'il avait été capable de logique en cet instant, il aurait retenu ces propres paroles qu'il ne comprenait pas.
Il voulait Amy comme il voulait toutes les autres femmes. Elle était belle, gentille, drôle et était folle de lui, alors pourquoi l'envoyait-il constamment balader ? Ça n'était pas en ce moment de flottement qu'il trouverais la réponse, pourtant il ajouta tendrement.
"T'es une gentille fille." qui ne devrait pas être avec un méchant garçon.


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MessageSujet: Re: Les chants des champs   Ven 18 Jan - 20:45



La nature l'entourait, loin étaient les soucis, les autres êtres humains de ce monde et leurs problèmes. Sirius avait toujours aimé se retrouver dans ce lieu de sérénité où l'intelligence n'avait pas vraiment sa place. Suivre son instinct plutôt que sa tête, c'est tellement plus simple. Mais ce n'est pas le chant des oiseaux qui résonne à ses oreilles, seulement le souffle régulier d'Amy, et ça n'est pas le vent qui vient caresser son visage avec ses cheveux soyeux, c'était les doigts d'Amy. Ainsi lové contre son corps, le canin n'appréciait rien d'autre en cet instant que le contact de la demoiselle. Calme, posé, paisible, le duo offrait une vision bien différente des deux adolescent hyperactifs qui jouaient au chat et à la souris dans les couloirs.
Il partagea son petit rire. En effet, cela lui manquerait terriblement de ne plus avoir sa petite Amy lui courant après. Il l'avait ressentit sans l'admettre lorsque celle-ci c'était mise avec son meilleur ami, James. Cette union avait étonné Sirius qui connaissait l'affection que James portait à Lily, mais qui pensait surtout détenir le cœur d'Amy. Il n'avait pas senti de jalousie, seulement du soulagement au début. Tant mieux, elle ne me courra plus après s'était-il dit les premiers jours. Mais bien qu'il soit heureux pour ses deux amis, il s'était sentit un peu seul, comme si en s'unissant, ils l'abandonnaient.
Il sentit les doigts fins d'Amy venir lui saisir le menton et le tirer délicatement vers elle. Se laissant faire, il remonta jusqu'à faire lui faire face, son visage à quelques centimètres du sien.

Un petit sourire timide s'étira sur ses lèvres bien différent de celui qu'il arborait, conquérant, fier. Ses yeux se perdirent sur le visage de la jeune femme. Un nez, une bouche, deux yeux, il semblait découvrir ces traits qu'il avait pourtant vu presque toute sa vie. Peut-être était-il aveugle finalement. Ainsi posé devant la jeune fille, il lui vint l'envie de la lécher. Non pas de façon perverse, c'était simplement un tic de canidé qui lui venait à l'esprit. Heureusement, avant que celui-ci ne comprenne ce qui lui prenait, la jeune femme reprit la parole, gardant la langue de Sirius là où les humains la gardait.
"C'est vrai, je suis quelqu'un de très perspicace" renchérit-il en hochant la tête d'un air un peu niais. Il n'y croyait pas un instant mais appréciait le compliment. Pourtant Amy n'avait pas totalement tord. Bien que Sirius Black se fiche souvent des autres, ça n'est pas pour autant que son regards gris et alerte ne capte pas les informations qu'il choisit d'ignorer.
Il observa Amy inspirer une grande bouffée de fumée. Un peu jaloux, il alla pour prendre à son tour le petit bâton de drogue, mais il arrêta son geste voyant que la Gryffondor lui apportait son contenue directement de sa couche. Ses lèvres étaient à quelques centimètres des siennes, pourtant il ne s'inquiéta pas. Il savait qu'Amy n'était pas aussi stupide que lui pour l'embrasser.

Immobile, il inspira lorsque la blonde souffla toute la fumée dans sa direction. Il sentit ses épaule trembler en même temps que ses poumons s'emplissait d'un parfum plus doux que celui de l'herbe. Le parfum d'Amy semblait s'y être mêler et ajouter un niveau de magie. Il garda la fumée dans ses poumon aussi longtemps qu'il le put et écouta les paroles de la Gryffondor en retenant sa respiration. Le plaisir qu'il ressentit à son écoute était presque irréel. Ce ne fut que lorsqu'il sentit ses lèvres picoter du manque d'oxygène qu'il expira lentement.
" Et qui suis-je réellement ?" demanda-t-il alors, se sentant vidé de toute pensée. La question pouvait paraître moqueuse ou ironique, pourtant, elle était sincère. Sirius Black n'était pas du genre à réfléchir à sa vie ou à sa personnalité. Il vivait, il était, sans jamais se questionner, ni trouver de réponses.
Un beau gosse rebelle avide de liberté, cela lui collait pourtant assez bien, même si les adjectifs "tombeur" et "exceptionnel" n'auraient pas faussé le tableau. Il était étrange de pouvoir voir quelque chose chez quelqu'un qui n'en avait aucune idée. Sirius plongea ses yeux gris dans ceux d'Amy, curieux, comme s'il s’apprêtait à se découvrir lui même comme il découvrait une nouveauté moldue de la bouche de la blonde.

Celle-ci finit par se laisser retomber sur le sol, laissant Sirius seul au dessus du niveau des pâquerettes. Un peu perdu en ne voyant plus le visage de son amie devant ses yeux, il regarda autour de lui d'un air distrait. La forêt interdite n'avait rien d'effrayante. Les arbres épais semblaient protéger le duo de l'extérieur plutôt que de les emprisonner. Les racines au sol les enlaçaient au lieu de les faire chuter et l'épais feuillage les abritait du soleil trop agressif. Derrière eux, les ruines d'un ancien bâtiment plongea Sirius dans un rêve étrange. Lui et Amy, habitant dans une petite maison en forêt, vieillissant paisiblement.
"Moi je m'en veux" répondit-il en coupant presque ma parole à la belle blonde. Il se sentit frustré de n'avoir été le premier à parler de leur baiser si étrange. "Je n'aurais pas dû. Pardon." dit-il enfin en sentant son regard chercher le sol. Honteux, il sentit un frisson lui parcourir le corps, répandent une tristesse étrangement puissante. "Pardon." répéta-t-il, intérieurement fasciné par ce mot qu'il ne prononçait jamais et cette sensation d'abandon qu'il procurait. Il se sentit se recroqueviller sur lui même et sa gorge se nouer en se rendant compte de ce qu'il se passait en lui.

Il aurait voulu hurler ses regret si fort que son lui de lundi soir l'entende et se contrôle, hurler si fort qu'Amy s'en aille loin à cet instant présent parce que la seule chose qu'il désirait était de sentir ses bras autour de lui. "Non." laissa-t-il échapper d'un air plaintif en prenant ses mains dans sa tête. Il le voulait, mais il ne le voulait pas, surtout pas.
Si Amy savait ce qu'il était réellement, peut-être elle seule savait ce qu'il voulait vraiment ?


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MessageSujet: Re: Les chants des champs   Ven 18 Jan - 20:47

Sirius sentit son souffle lui échapper lorsque les bras d'Amy vinrent enlacer son corps comme il le désirait si fort intérieurement sans l'accepter. Comme un soupir de soulagement, il sentit ses poumons se vider longuement jusqu'à ce qu'il ne sente plus autre chose que le contact de la belle blonde contre son dos.
Cette tendresse, cette proximité, bien qu'il l'obtenait facilement des femmes, il ne l'avait jamais ressentit comme un contact plaisant. Lorsqu'on l'enlaçait il préférait s'esquiver, trouvant le geste trop collant, envahissant, et lorsqu'il embrassait, c'était toujours lui qui devait mener la danse. Il détestait se sentir mener, contrôlé, envahi. Pourtant, les bras d'Amy de l'emprisonnaient pas, au contraire, il se sentait rassuré, protégé. D'une main tremblante, il vint caresser son avant bras avec délicatesse, comme s'il la remerciait de ne pas s'être enfui comme lui l'avait fait, et de l'avoir enserré pour l'empêcher de recommencer.
Il se sentait calme, détendu, et bien que la culpabilité et la honte crispait son visage, il ne s'était jamais sentit aussi bien. Jusqu'à ce qu'Amy se remette à parler.

Sa première phrase, murmurée avec douceur s'était planté dans le thorax de Sirius tel une lance de sirène qui lui coupa le souffle. La voix d'Amy, lente et profonde lui pénétrait l'esprit comme un poison bien plus enivrant que l'herbe, un poison auquel il ne pouvait échapper.Il se tendit tout comme sa main qui attrapa lentement l'avant-bras d'Amy au lieu de la caresser doucement. Comme s'il ressentait toute la vérité des paroles de la demoiselle, il referma peu à peu son étreinte autour de son petit bout de chair, l'empêchant de l'abandonner. Mais si on pouvait garder les gens auprès de soi par la simple force physique, Sirius ne serai pas aussi inquiet. Il n'était pas aussi doué qu'Amy pour comprendre les autres et le savait. C'était impuissant qu'il ne pouvait que s’énerver en voyant ceux auxquels il tenait le plus s'éloigner de lui.

Amy se dégagea de son étreinte pour se ressourcer de drogue avant de placer la fin du bâton dans les tremblantes de Sirius Black. Il n'osa pas inspirer, de peur de laisser les mots meurtriers de la blonde le blesser plus profondément encore qu'ils ne le faisaient déjà. Elle comprenait des choses, tellement de choses que Sirius lui-même n'avait clarifié dans son esprit. Pour lui, tout avait toujours été confus et il était tellement facile de faire l'impasse sur un fouillis incompréhensible. Mais avec un facilité criminelle, Amy Loreens dénouait la vie de Sirius devant ses yeux, lui imposant la vérité aussi claire et précise que la lame qui lacérait peu à peu son esprit. Les choses n'étaient pas plus belles lorsqu'elles étaient compréhensibles, les choses n'étaient pas plus simple, pourtant, Amy continua ne voyant pas tout le mal qu'elle infligeai au jeune homme auquel elle prétendait ne pas en vouloir. En ces mots, elle trouvait la meilleure des vengeances.

"Tais-toi !" voulait-il lui hurler mais la sirène avait prit le soin de nouer autour de sa gorge, un épais et douloureux nœud coulant de tristesse. Au lieu de cela, Sirius ne sembla rien pouvoir faire à part endurer le discours de sa tortionnaire, mâchoire serrée. Il se sentait disséqué et éparpillé, étalé à la lumière comme le plus putride des morceaux de chair et ça ne fut que lorsqu'Amy s'affaissa avec délicatesse devant ses yeux qu'il réussi à décoincer son gosier. De sa gorge douloureuse s'échappa un silencieux grognement, rendu tremblant par la rage.

"Ce que tu es... Comment veux-tu que je sache ce que tu es alors que je ne sais pas qui je suis. "Quelqu'un de bien" c'est là ce que tu vois en moi ? "Quelqu'un de bien"..." répéta-t-il en ayant du mal à se contrôler et rester capable de parler. "Un enfant, perdu dans sa propre famille, perdu dans son identité, obligé de construire lui même l'amour qu'il recherche désespérément ? Chez les élèves, ses amis ?"
Dans sa voix tremblante, on pouvait presque entendre les hurlements de souffrances qu'il rugissait à chaque mot qu'il répétait en s'infligeant un supplice bien plus douloureux que lorsqu'il était simple spectateur. "C'est ça que tu vois en moi ?" répéta-t-il une pointe d'incrédulité dans son grognement haineux. "Il y a bien une chose que je sais sur toi Amy Loreens, c'est à quel point tu me... Tu... " Il ne parvint même pas à trouver le verbe qui aurait pu convenir à la fin de sa phrase, car ce mot n'existait pas.

Brusquement, Sirius se dégagea de l'endroit où il était assit, laissant par la même occasion la belle Amy affaisser au sol. Il tremblait de tout son corps et un instant, il eu même l'envie de se jeter sur elle telle une bête pour lui arracher la gorge dans l'espoir de voir disparaître le désastre qu'elle avait pu créer en sa personne. Il tituba un instant et se battu pour garder un équilibre simple.
"Ne prend pas tes désirs pour des réalités S-Sang-de bourbe !" hurla-t-il alors et tel le jappement d'une bête blessée, sa voix sembla se briser. Ses paupières se fermèrent avec force comme si l'adolescent n'était capable de supporter ses propres mots. Mais comme engagé dans un combat à mort, il continua d'exprimer sa fureur. "JE ne VEUX pas de ton amour ! Je n'ai pas besoin de ton amour, ni celui de personne !"
L'adrénaline qui brûlait dans ses muscles lui donnait envie de bondir sur sa proie et la déchiqueter comme le plus redoutable des prédateurs. Il cru même un instant qu'il ressentait ce que Remus pouvait ressentir les soir de pleine Lune. Combien de fois l'avait-il observé s'emplir de terreur et d'agressivité, son corps se crispant douloureusement comme si chaque cellule de son organisme se compressait. Sirius ouvrit des yeux plein de haine froide pour observer la pauvre Amy, mais ses pulsions le menèrent vers une autre action : la fuite.

Il ne trouvait plus les mots, il n'arrivait même plus à savoir ce qu'il voulait, alors, dans l'espoir de s'éloigner d'une telle situation, il fit quelque pas en arrière. Ses jambes ne le menèrent cependant pas bien loin et s’emmêlant les pâtes, le canin chuta sur le sol. Horriblement frustré, Sirius finit par abandonner les mots pour expulser sa rage et se contenta d'un hurlement bestial qu'il adressa au sol.
Soudain, le silence revint dans la forêt interdite et sur la belle pelouse, le corps élégant de Sirius Black s'était figé face contre terre. Seuls les discrets tremblements de ses épaules montraient qu'il n'avait pas été subitement emporté par la mort. Il resta ainsi, sans réaction pendant un certain moment où ce qu'Amy pouvait faire ne l'affectait plus. Il n'était plus capable d'endurer quoi que ce soit d'autre et les quelques gouttes qui vinrent arroser des plans de marijuana en étaient témoins.
Ça ne fut qu'après un certain temps de silence qu'un petit gémissement se fit entendre.

"Amy ? J'ai super faim." dit-il simplement.



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MessageSujet: Re: Les chants des champs   Ven 18 Jan - 20:49



Sirius sentit la jeune femme bondir sur lui comme il avait voulu le faire, et un instant, il espéra qu'elle l'achève une bonne fois pour toute, et c'est ce qu'elle tenta de faire. Son poing vint s'écraser sur la figure du jeune homme, désespérée, perdue. Amy semblait enfin comprendre que c'était la seule chose que le Gyffondor était capable de comprendre d'endurer. Le geste ne produisit pourtant rien chez l'adolescent qui resta toujours aussi neutre, le regard vague perdu dans un monde lointain où les mots n'étaient que des sons sans signification. Pour lui, c'était ce qu'étaient devenu les paroles impardonnables qu'il avait craché. Ce n'étaient que des mots après tout, pourquoi étaient-ils si dangereux ? Il en avait prononcé des phrases, lancé des insultes, hurler des railleries, mais pourquoi ces mots-ci ne s'en allaient-ils pas aussi facilement au loin ? Pourquoi résonnaient-il dans ce cerveau pourtant déjà plein à craquer ?

Les hurlements d'Amy l'atteignaient bien plus que ses maigres efforts pour secouer le corps inerte de Sirius. C'était à son tour de se disséquer et de verser ses entrailles sur le pauvre jeune homme qui se rendait compte douloureusement que la douleur était un puits sans fond. Quand on ne peux l'exprimer, on la sent toujours vous tirer plus bas, encore plus bas, toujours plus bas. Cette douleur avait, dans l'esprit de Sirius Black, l'apparence d'une petite fille blonde joyeuse et souriante qui le narguait d'une petite langue rose et s'enfuyait plus profondément encore dans les ténèbres. Il n'en pouvait plus, il n'avait même plus l'envie de bouger mais pourtant, il poursuivait encore cette sale gamine jusqu'au bout du mal.
Attend-moi Amy, lui crie-t-il en jouant, un grand sourire sur les lèvres. Pourquoi court-elle vers le noir ? Pourquoi nous mène-t-elle quelque part où seul le danger nous attends ? Il aimerait lui poser la question, mais elle est déjà loin devant et le jeune garçon lui cours encore et encore après. Intéressé, amusé, inquiet ? Tout ce que Sirius sait, c'est qu'il ne peut ne pas la poursuivre, encore et encore.
Mais pourquoi cette vision ? La blonde n'était-elle pas celle qui poursuivait le jeune homme ? La seule qui, dans ce jeu de chat et la souris, avait choisit le rôle du félin ? Mais c'était une piètre prédatrice que lui décrivait Amy en larme. Une fille bien moins élégante que la demoiselle toute souriante qu'elle daignait seulement lui montrer de peur de le faire fuir plus que ce qu'il de faisait déjà. Une fille dont les origines n'était pas la force qu'il exploitait sans gène, mais une profonde blessure. Une fille qui n'avait rien d'une groupie sans cervelle, ni autre sentiment que son admiration pour un beau garçon.

Mais tout cela, Sirius le savait sans le savoir. Il ne tenait pas à se rappeler à quel point Amy n'était pas ce qu'elle prétendait être. N'était-ce pas là ce que tout le monde souhaitait, être vu comme étant ce qu'on veut montrer de soi ? Le jeune Black dépréciait ce qu'Amy voulait lui montrer d'elle et la déprécier était quelque chose qui lui était confortable. Alors pourquoi continuait-elle à lui étaler cette fille qu'il ne pouvait pas haïr en plein visage ? Pourquoi se saignait-elle jusqu'à dissoudre le masque si bien modelé par ses flots de larmes ? Pourquoi se révélait-elle à quelqu'un qui n'avait aucune envie de la connaitre plus ?
Il lui avait dit pourtant, il ne voulait pas de son amour. Impuissant, coincé, Sirius porta ses bras autour de sa tête en espérant y trouver un refuge. Il n'y trouva pas de porte de sortie, alors lorsqu'Amy sembla finir de déballer son histoire, il gémit à nouveau, son espoir de fuite.

"Amy, j'ai faim."

La phrase était presque suppliante, un "tais-toi" à peine détourné qui ne marcha aucunement. Au contraire, elle sembla pousser la blonde à aborder le cœur du problème.
L'amour, quel terme horrifiant pour bien des personnes. Si Sirius aurait eu l'énergie de se soucier des apparence, il aurait grimacer devant un terme aussi ridicule. Un mot qui semblait tout dire pour certain mais qui pour Sirius, n'évoquait rien d'autre que la naïveté et la stupidité. Entre parent et enfant, amour ? Non, respect. Entre homme et femme, amour ? Non, désir. L'amour était une chose qui n'existait que dans les esprit des faibles, trop lâche pour voir la vie comme elle est.
Pourtant ce n'est pas une définition idéaliste que la grande aimante pleura sur ses épaules. Une maladie, une malédiction, c'était quelque chose que Sirius aurait presque pu comprendre s'il ne fuyait pas la chose comme la peste.
Amy était malade d'amour et hurlait qu'on la soigne, mais Sirius ne pouvait lui apporter le remède qu'elle lui suppliait de donner. La seule chose que le jeune homme avait trouvé en sa possession pour aider la demoiselle dans sa folie, avait été du poison pour l'achever plus rapidement. C'était face à une bête agonisante qu'il se trouvait, une bête qu'il avait lui même abattu de coups violents et alors qu'il observait son dernier râle suppliant, il ne put se résoudre à rester immobile et silencieux plus longtemps. Aux derniers mots d'Amy, Sirius se redressa, la faisant basculer brusquement. C'était lui à présent qui la dominait bien qu'il n'avait pas fait l'effort de se relever.

"Oui je te hais ! Je te hais ! Tu l'as dit ! Tu sais ce que je suis, tu sais ce que tu es. Oui, tu est différente et oui je te hais ! cria-t-il en plaquant la blonde au sol par les épaules. Mais malgré ses mots, il n'arrivait à afficher de la haine sur son visage. Un profond désespoir tordait ses traits alors qu'il tentait d'interpréter ce sentiment si puissant qui produisait toute cette animosité chez lui à la vue d'Amy. "Tu vois tout mais moi je ne comprend rien ! Je ne comprends pas Amy ! Pourquoi ? Pourquoi moi ? Pourquoi veux-tu quelque chose que je n'ai pas ?! Je n'aime pas ! Tu es bien plus chanceuse que ces filles que tu envies ! Pourquoi veux-tu prendre une place qui n'est pas pour toi ? Pourquoi veux-tu être malheureuse ? Amy, je ne peux pas... Je ne te veux pas à cette place ! Tu es bien trop précieuse pour être une simple conquête. Ce n'est pas ce que je veux, ce n'est pas ce que tu veux. Réveille-toi ! Cours ! Ne pourchasse plus une illusion.

Sur ces mots à moitié prononcé, Sirius se releva. Il resta immobile un instant, jetant un dernier regard à Amy avant de parvenir à prendre les pas qui le mènerait dans sa propre illusion de bonheur. Marchant sur les plans de la malheureuse herbe qui n'avait au final pas réussi à lui apporter l'insouciance qu'il recherchait, il tituba lentement pour s'éloigner d'Amy.
Plus les mètres le séparait des ruines, plus sa gorge se serra et enfin, il se retourna une dernière fois pour être sûr d'être hors de vue de sa camarade et se recroquevilla sur lui-même, faisant chuter son uniforme au sol, glissant sur son pelage foncé. Ne prenant même pas la peine de les récupérer, il prit enfin ses jambes à son coup et couru comme une bête enragé à travers les arbres. Il voulait être un animal, un simple chien affamé qui se jeta sur un malheureux rongeur qui passait pas là, mais les larmes qui coulèrent sur son pelage brillant montrait bien qu'il en était incapable.
L'amour, sa dernière part d'humanité.

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