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 Droit vers la mort

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MessageSujet: Droit vers la mort   Dim 5 Jan - 10:28

Un silence de mort était retombé dans la petite chambre moisie du motel. C'était le cas de le dire car malgré les seize personnes présentes, une seule était encore capable de faire le moindre son. Et ce dernier n'en faisait aucun. Assis sur le parquet, adossé au lit et les yeux levés au plafond, il contemplait les constellations que formaient les éclaboussures de sang.
Sans regarder, il fit tomber la cendre de son joint, utilisant la bouche de l'une de ses victimes comme cendrier. Heureusement qu'il avait un peu ralentit la gomme sur les drogues qu'il avait récolté car s'il avait continué comme au premier jour après le départ de Zoya, il aurait sûrement fini froid comme un des corps à ses côtés.

Pour lui, c'était le calme après la tempête, un temps où il pouvait se délecter de ses propres actions. Le silence, les expressions d'horreur figées sur les cadavres, le sang qui se répand paisiblement sur le vieux parquet et l'odeur de putréfaction se mêlant à celle du cannabis.

Pour elle, c'était le calme avant la tempête car elle savait qu'en revenant elle était sûr de déchaîner la bête.

Le cliquetis de la serrure attira l'attention de Saïd qui ne fit pourtant aucun mouvement pour aller l'ouvrir. Il pouvait encore sentit le contact de sa lame contre son jean et eu un petit sourire en songeant à cette nouvelle victime qui venait se jeter dans la gueule du loup. Pour quelle raison ? Trop de bruit ? Du sang qui goutte du plafond ? Ou était-ce l'odeur de tout ces cadavres ? Peu importe, chaque nouvel arrivant se faisait avoir, ne s'attendant pas à trouver leur pire cauchemar à l'intérieur.
Mais Zoya savait très ben ce qu'elle trouverait à l'intérieur de cette chambre, et pourtant elle était là. Les yeux dorés de l’Égyptien s'agrandirent sous la surprise. Cela faisait plus de trois jours après tout, et il n'était pas certain de lui avoir laissé d'adresse. Son regard soucieux et son ton malhabile lui décocha un sourire et il laissa même échapper un petit rire amuser. Pourquoi tirait-elle cette tête d'enterrement ? Saïd semblait oublier qu'à cause de lui, il y en aurait bientôt quinze à organiser.

Sautant sur ses pieds, il approcha de la demoiselle tel un petit chien retrouvant son maître.
- Zoya ! Bon retour ! dit-il joyeusement en jouant le jeux.
Il posa doucement ses mains sur ses épaules, mais elle put sentir quelles étaient d'un froid glacial.
- Je t'attendais. ajouta-t-il mais la noirceur vint enfin envahir sa voix et son faux sourire et derrière ses pupilles jaunes, la bête sauvage se réveilla.

Avec bestialité, il la poussa contre un des murs de la chambre. Immédiatement après le choc, il la prit au coup alors que son autre main vint saisir et briser son poignet pour lui faire lâcher sa baguette. Le monstre ne s'arrêta pas là et la frappa plusieurs fois contre le mur avant de se mettre à hurler.
- COMMENT OSES-TU ME FAIRE CA ! A MOI ?! ME LAISSER DERRIÈRE ?! JE SUIS SAÏD SETH WILKES PÉTASSE ! rugit-il avant de lui enfoncer son poing dans le ventre d'une violence sans pareille.

Il la jeta au sol mais ne lui laissa aucun répit et vint cette fois lui écraser la mâchoire dans sa poigne de fer.
- QUOI, T'AS ESTIME QUE J'AVAIS PAS ASSEZ ATTENDU, C'EST CA ?! hurla-t-il à son visage sans se rendre compte du désespoir qui transperçait sa voix. Il la frappa au visage et saisit son couteau pour le coller contre le coup blanc de la jeune femme.
- QUINZE ANS ! Qu... Quinze ans que j'aurais dû faire ça... dit-il d'une voix tremblante de haine. Mais sa voix ne fut pas la seule chose qui tremblait car peu importe à quel point tout son corps et son esprit lui hurlait d'éliminer ce qui l'avait toujours tant fait souffrir, il n'arriva pas à trancher la gorge de Zoya.
Il observa sa main trembler et son bras bloquer contre une barrière invisible protégeant le visage flou de Zoya. Flou ? Ce n'est qu'à ce moment que Saïd se rendait compte que sa vision était gênée par les larmes qui coulaient de ses yeux. Surprit et ne comprenant pas, il laissa échapper un petit rire d'incrédulité. Saïd Seth Wilkes, pleurer ?

- Tu vois ? Tu vois ce que tu me fais ?! Je veux te tuer ! Je veux tellement ! Mais je peux pas ! Je peux juste pas putain ! gémit-il, son corps entier tremblant de contradiction et de frustration.
- Je te déteste ! JE TE DÉTESTE !


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MessageSujet: Re: Droit vers la mort   Dim 5 Jan - 14:32

Ce fut au tour de Zoya d'exploser. Malgré ses blessures, elle parvint à sonner Saïd d'un bon coup de pied dans la mâchoire. Le temps que l'homme retrouve ses esprits et se retourne vers la sorcière, celle-ci s'était déjà saisie d'une latte du lit et le frappa à nouveau. A nouveau sonné, Saïd peina à se relever. Il grogna pour chasser la douleur que trois jours de massacre lui avait infligé.

Profitant du retournement de situation, Zoya prit le couteau qui l'avait menacé pour le pointer sur la joue de Saïd. Face à elle, Saïd ne pouvait que la fusiller du regard, son visage plein de haine. Elle pouvait parler autant qu'elle voulait, lui n'avait qu'une idée en tête, la déchiqueter.
Il en avait marre de ses problèmes, de l'entendre se plaindre de la guerre et de ce qu'elle avait dû faire. Il en avait marre de la voir faire la victime alors qu'il fallait avouer que celle qui avait enculer le plus de monde dans cette histoire, c'était bien Zoya Horlov.

S'insinuer chez les Mangemorts, le séduire à nouveau pour le rendre impuissant face à son secret. Lui imposer sa connerie et sa traîtrise. Il y avait des jours où Saïd le voyait de cette œil là et aujourd'hui en était un. Il lui reprochait tout. De l'avoir embarqué dans un bordel qui ne l'intéressait pas. D'avoir gâché sa guerre, sa vie. D'avoir fait de lui un esclave de son amour, un boulet qui ne pouvait plus que se raccrocher à elle. Saïd Seth Wilkes ? Il ne pouvait même plus prétendre l'être.
Elle lui avait tout prit, son statut de mangemort, son identité, sa force, sa magie, même de mourir au combat. Aujourd'hui allait-elle se permettre de lui prendre la vie dans ce motel miteux ?

Alors qu'il fixait la lame qui s'élevait au dessus d'elle, alors qu'il observa son si beau et si dégoûtant visage, Saïd n'en doutait pas. Si quelqu'un pouvait le tuer, si quelqu'un devait le tuer, c'était bien elle.
Mais il n'en pouvait plus. Il ne savait plus quoi penser. Depuis qu'il avait posé ses yeux sur elle sa vie était devenue un véritable ouragan dans lequel il ne pouvait que se débattre et hurler inutilement. Elle le rendait fou, elle le tiraillait et aujourd'hui, Saïd S. Wilkes la suppliait de mettre fin à cette torture. Silencieusement, il quitta son visage en fermant les yeux.

Et elle le transperça enfin. Non pas du couteau qui s'échoua dans le parquet, mais de ses mots empoisonnés. Le visage alors paisible et fatigué de Saïd se crispa. Comme une bombe, ces mots explosèrent dans sa poitrine, lui coupant presque le souffle.
Elle s'éloigna, il resta collé au sol un instant.
Il ne savait pas quoi choisir entre hurler, rire ou pleurer. Oh non elle n'allait pas le laisser partir si facilement, elle n'allait pas lui laisser de répis et continuerait de le trainer jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'une épave, un fantôme détruit gisant sous ses pieds. Et il allait l'endurer, car s'il y avait quelque chose sur cette Terre pourrie qui méritait d'être vécu, c'était d'être avec elle.

D'un bond et avec son agilité d'antan, Saïd se releva et alla vers elle. Sa vitesse et son expression assassine pouvait supposer qu'il était venu en finir, mais il s'arrêta juste en face de Zoya sans rien faire de plus que la fixer. Plaçant ses mains de part et d'autre de sa tête, il se pencha et vint mordre son propre joint du bout allumé pour le retirer des lèvres de Zoya et le cracher sur le côté. Il l'observa s'échouer sur le visage d'un des morts, toujours silencieux et calme comme la mort.
Puis, il saisit le visage de Zoya dans ses mains et déposa ses lèvres sur les siennes. L'emportant dans un baiser empli de désir et d'émotion, il répondit à son tour à sa déclaration.
Ses mains vinrent bientôt glisser sur ses hanches, venant suivre le cuir de sa ceinture pour la défaire. Il ne lui permettait pas de s'échapper de leur baiser en la coinçant contre le mur, pourant il n'y avait aucune menace dans ses gestes précis et délicat. Il y avait même de la fébrilité lorsqu'il trouva le contact de sa peau en glissant doucement ses vêtements vers le sol. Il quitta enfin ses lèvres pour venir souffler contre son cou, lui suppliant sans mot de lui administrer cette drogue qu'était son corps.

- P- Plus un geste.

Les yeux jaunes s'ouvrirent soudainement, venant trouver cette voix qui jurait tant avec le moment. L'homme semblait être apparu par magie mais son uniforme et l'arme qu'il pointait sur le couple indiquait clairement qu'il s'agissait d'un policier moldu.
Saïd eu un petit sourire de dédain face à la peur visible sur le visage pâle du jeunot, trop blasé pour s'énerver à nouveau. Cette soirée était définitivement pourrie de toute manière.

- Tu vois pas que t'es de trop mon gars ? dit-il d'un ton à la fois dédaigneux et plaisantin. Il se retourna vers l'agent mais ce fut une erreur. Il fit feu.


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MessageSujet: Re: Droit vers la mort   Dim 5 Jan - 19:25

Tout arriva un peu trop vite pour Saïd. Il aurait dû se douter que la vue de tant de cadavre aurait incité le policier à avoir la détente bien plus facile que si ça n'avait été qu'un contrôle de routine. Le démon avait tendance à oublier l'effet que le sang et la mort avait comme effet sur les gens normaux.
Il était un soldat, un combattant doué et pourtant le coup de feu le surprit. Dans les combat magique, chaque attaque nécessitait un peu de mouvement de baguette ou une incantation. Il n'arrivait pas à croire que cette stupide arme moldue, dans son déclenchement aussi simple qu'une pression sur la gâchette se révélait plus dangereuse que l'arme de prédilection des sorciers.
Pourtant un coup partit et il se sentit chuter au sol. Il associa le premier au deuxième, mais ce n'est que lorsqu'il sentit seulement le contact du parquet qu'il comprit qu'il n'avait pas été touché par la balle. On l'avait poussé.

- ZOYA ! hurla-t-il en se retournant mais il ne put rien faire. Il la vit lancer son couteau et trois nouveaux coups de feux retentirent.
Il se releva alors qu'elle tomba lentement sur le sol. Se jetant sur elle, il la prit dans ses bras , observant impuissant les tâches rouges qui s'élargissaient lentement sur son corps. Il ne vérifia même pas que le flic était mort mais heureusement le silence lui confirmait qu'ils étaient en sécurité pour le moment.
- Non, non, NON ! cria-t-il paniqué.

Zoya, elle, garda son calme et malgré la douleur, elle eu l'intelligence de déduire que d'autres policiers n'étaient pas loin ou dû moins les coups de feux allaient sûrement en attirer. Elle récupéra sa baguette et examina ses blessures en grimaçant. Saïd tenta de se calmer en voyant qu'elle n'était pas si mal en point que ça.
Saïd l'écouta lui indiquer la marche à suivre, près à s'éxecuter. Il était assez triste de voir que la personne blessée était celle avec le plus d'initiative dans la situation. Mais Zoya eu peut-être un peu trop d'initiative. Un grand silence arriva en guise de réponse.

- Zoya, je... commença-t-il d'une voix tremblante. Mais la voyant sombrer doucement dans l'inconscience, la panique et la peur s'empara de lui. Il la tira un peu plus contre lui et prit son visage entre ses mains pour la forcer à rester avec lui. Mais il ne fit rien d'autre et quelque part dans les yeux de Zoya, il perçu son trouble.
- Zoya je peux pas. dit-il enfin une boule lui serrant la gorge. Elle put lire sur son visage toute la détresse et la sincérité. Je peux pas. répéta-t-il, lui-même incrédule.

La sentant lentement lui échapper, Saïd réprima un sanglot de colère, de honte et de frustration. Il se mordit la lèvre et fit un choix. Il souleva alors Zoya, conscient que la douleur qui lui infligeait là lui permettait aussi de rester un peu plus longtemps avec lui. Il aurait préféré qu'elle ne le voit pas, qu'elle ne le sache jamais, mais l'heure n'était pas aux secrets. Il devait la sauver, la sortir de là.
La serrant dans ses bras, il couru hors de la chambre et dévala les escaliers. Les camés et les clients s'écartèrent en voyant l'homme encore barbouillé du sang de ses victimes et de celui de Zoya. Dehors, il pouvait déjà entendre les sirenes des officiers moldus mais son pas ne ralenti pas.
L'air frais de l'extérieur vint à lui comme un soulagement. La pluie battante venait lui obscurcir la vue mais il pouvait voir les lumières rouges et bleues des voitures de police. Il distingua plusieurs armes pointées sur lui mais il n'en avait que faire.

- S'IL VOUS PLAIT ! AIDEZ LA ! JE VOUS EN SUPPLIE ! hurla alors Saïd.
- Déposez la demoiselle ! Les mains sur la tête ! répondit un policier à travers une machine moldue qui amplifia sa voix.
- S'IL VOUS PLAIT ! cria-t-il à nouveau, plein de désespoir.

Voyant des agents s'approcher de lui, arme à la main, il comprit qu'il était obligé de se défaire de Zoya pour ne pas la mettre en danger. Ils ne viendraient pas s'occuper d'elle tant qu'il la portait. Doucement alors, il la déposa sur le palier, vérifiant une dernière fois qu'elle n'était pas tout simplement morte dans ses bras.
Le résultat de son action ne se fit pas attendre et bientôt plusieurs gros bras vinrent le saisir et le mettre à genoux, bras derrière le dos. Il tenait encore la baguette de Zoya mais on lui arracha des mains sans qu'aucun sort ne soit lancé.

- Je suis désolé. Je suis tellement désolé. souffla-t-il à Zoya alors qu'il savait qu'elle commençait doucement à le comprendre. Saïd Seth Wilkes n'était plus un sorcier.

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