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 Ne me laisse pas

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Date d'inscription : 22/09/2011

MessageSujet: Ne me laisse pas   Mer 9 Avr - 21:16


Fuir. Sirius Black ne s’en rendait pas compte mais c’était une chose qu’il avait toujours tendance à faire lorsque les choses allaient mal. Pourtant, il était un jeune homme courageux, n’hésitant pas un instant à se battre pour ses amis, ses valeurs, sa liberté. Pourquoi alors ? Pourquoi dans tant de situations se retrouvait-il à tourner le dos à ceux à qui il tenait le plus ? Pourquoi détournait-il le regard des choses les plus importantes ? Il ne le savait pas. En fait, il ne se rendait même pas compte que toute sa vie, il avait fuit.

Pourtant, même derrière ses paupières fermées, emporté au loin dans un doux rêve, Sirius rêvait qu’il courait. La truffe au vent, l’odeur de la terre humide et de l’herbe fraîche emplissant ses songes. Il ne savait pas d’où il venait, ni où il allait et c’était cette insouciance qui lui procurait la délicieuse sensation de liberté.  
Il était seul, au milieu d’un vaste paysage mais cela ne le fâchait pas tant que ça. Ces jours-ci, ses rêves avaient préféré ignorer ses habituels compagnons de route. Le vent ébouriffait ses poils comme des milliers de caresses. Et il courait, encore et encore sans perdre haleine.

Mais arrive toujours un moment où la réalité vous rattrape et où il faut ouvrir les yeux. Dans le silence pesant de la chambre où dormaient les adolescents, Sirius ouvrit soudainement les yeux. Pas de sursaut ou de bruit l’ayant interpellé, son rêve s’était simplement évaporé, lui laissant un vague souvenir nostalgique.

Doucement, l’adolescent tourna la tête vers le lit voisin. Il ne vit que son dos mais il pouvait voir que James dormait à point fermé. D’ordinaire cette vision l’aurait faite sourire ou l’aurait agacé, mais ce soir il fut simplement soulagé de ne pas croiser le regard de celui qui avait été son meilleur ami.
Était-ce vraiment fini ? Après tout ce temps ? Après tout ce qu’ils avaient vécus ? Sirius avait encore du mal à y croire. Mais alors qu’il sentait le doute l’envahir, il pouvait aussi sentir la colère revenir. Ça n’était pas une simple querelle qui les avaient menés à cette situation. Ce n’était pas tant à propos d’eux. Sirius soupira alors qu’un nom lui vint à l’esprit.

- Amy… soupira-t-il dans le noir, se rendant compte trop tard qu’il avait parlé tout haut. Se mordant la lèvre, il se figea, mais seuls les lents ronflements de ses camarades lui répondirent.

Il soupira a nouveau. Il en avait assez, assez de devoir éviter ses amis pour ne pas avoir à leur parler. Assez d’avoir toujours l’impression d’avoir fait quelque chose de mal alors qu’il s’efforçait de faire toujours au mieux. Assez de cette sensation désagréable qui ne le quittait pas et qui lui susurrait constamment à l’oreille “C’est de ta faute”.
Comme les tableaux de ses ancêtres à Square Grimaud, cette sombre maison qu’il avait fuit, sauf que cette fois c’était sa propre voix qu’il entendait siffler froidement. S’il ne tentait pas constamment de l’ignorer, peut-être se serait-il rendu compte que c’était lui-même qu’il fuyait désespérément.


Un bruit interpella l’attention d’un Sirius bien éveillé. Il savait qu’il n’allait pas se rendormir de sitôt. Il pouvait déjà sentir les tourments s’insinuer lentement dans son esprit alerte. Il ne connaissait qu’un moyen de retourner dans l’insouciance de ses rêves, c’était simplement sortir et les vivre.
Sirius glissa hors de ses draps vêtu simplement de son pantalon jogging lui servant de pyjama. Il n’aurait pas besoin d’habit une fois transformé. Marchant agilement, il ne fit aucun bruit et sortit sans réveiller les autres. L’air frais de la nuit électrisait sa peau et déjà loin de l’ambiance pesante de la chambre, Sirius laissa un petit sourire de soulagement se dessiner sur ses lèvres. Il aurait voulu se changer tout de suite et courir à toute allure, mais il préféra tout de même attendre de quitter la tour de Gryffondor. D’autres élèves en vadrouille pourraient se demander comment un gros chien noir avait pu donner le mot de passe au tableau de la Grosse Dame. D’ailleurs, tout les griffons ne semblaient pas endormis ce soir car une nouvelle fois, Sirius entendit une voix dans le couloir.

Descendant calmement, Sirius ne s’attendait pas trouver ce qu’il vit dans l’escalier. Il voulu crier de surprise, hurler d’horreur, appeler à l’aide mais son corps entier se figea devant la scène et sa gorge s’écrasa. Une fraction de seconde plus tard, il se jeta sur le corps tremblant et ensanglanté de Camille Loreens pour tenter de la relever.

- Non non non non non… ne pouvait-il que murmurer, la trachée froissée par la panique alors qu’il la serrait un peu plus contre lui comme pour l’empêcher de sombrer.

Il pouvait sentir le sang couler sur sa peau, son odeur métallique emplir ses narines. Avec des gestes tremblants et fébrile, il prit le visage de la petite blonde dans ses mains pour l’obliger à le regarder. Sa pâleur, ses larmes et son regard éteint ne l’aida pas à regagner son calme.

- Non Camille non ! Regarde-moi ! Camille qu- qu’est-ce qui-, mais il ne savait vraiment pas quoi dire, quoi demander. Il ne comprenait rien et son cerveau semblait refuser de l’aider à savoir quoi faire.

Camille, elle, avait les mots et elle lui demandait pourquoi. Pourquoi n’était-il pas venu la sauver ? Pourquoi n’avait-il été son héros. Ça n’avait aucun sens et pourtant, ses paroles trouvèrent leur chemin droit dans le coeur de Sirius. Le jeune homme se sentit trembler de plus belle, écrasé par la culpabilité. La voix, elle sortait maintenant de la bouche de Camille et cette fois, il ne pouvait pas l’ignorer, il ne pouvait pas s’en détourner.

- Je suis désolé. Je suis désolé Camille. souffla-t-il, la voix brisée.

Le moment même où il avait posé ses yeux sur l’inscription de la gourmette que la jeune fille lui avait offerte, il savait qu’elle n’était pas pour lui. Un héros. De tous les jeunes garçons, Sirius était bien celui qui ne s’était jamais considéré comme tel. Depuis toujours, il n’avait vu que la noirceur qui l’entourait et avait tenté de s’en échapper. Il n’était pas un héros, seulement un méchant qui rêvait de ne pas l’être.

- Je ne suis pas… J’aurais… Je- , mais une fois de plus il ne trouva pas les mots qui pouvaient exprimer son sentiment.

Son regard, ses mots. Lorsqu’elle soupira qu’elle ne voulait pas mourir un voile glacial recouvrit Sirius Black, le mordant violemment. Reprenant tout a coup un peu de ses moyens, il tâta l’arrière de son pantalon pour agripper sa baguette. Le sang sur ses mains la faisait glisser entre ses doigts tremblant mais il se força à la serre fort.

- V-vulnera Sanentur. Vulnera Sanentur. Vulnera Sanentur. commença-t-il à répéter en glissant doucement sa baguette au dessus du corps mutilé de Camille. Mais sa voix chevrotante et mal assurée ne l’aidait pas à bien réussir le sortilège. Il ne vit même aucune réelle amélioration, le paniquant un peu plus.

La dernière phrase de Camille raisonna dans le silence comme un éclair dans la nuit.

- Non... murmura-t-il, brisant son incantation.

Et pourtant si. Il avait comprit.  Pas de stratagème,  pas de diversion, pas de fuite possible cette fois. La vérité vint l'écraser plus lourdement que n'importe quel secret. C'était lui.

Lui qui avait fait toutes ces choses qui l'avait révolté et dont il avait blâmé son meilleur ami. Mais James Potter n'avait rien fait de mal. Non ce jeune homme si rayonnant et généreux n'était pas le monstre que le futur voilé avait dépeint. S'il y avait un héros dans ce château c'était bien James Potter au grand coeur qui avait fait de lui son frère,  qui l'avait accueilli dans sa maison. Et Sirius, lui, était bel et bien le méchant.  L'ami ingrat qui préféra cracher sur son meilleur ami plutôt que de faire face à la réalité.

Qui jouerais avec Amy Loreens pour la laisser comme une nouvelle ancienne conquête ? Qui fuirais ses responsabilités en abandonnant la mère et l'enfant ? Qui embobinerait tant celle qui l'aimait qu'elle finirait de mettre fin a ses jours ? Qui ? Qui d'autre que le grand Sirius Black ?
Tout prenait son sens s'emboîtant parfaitement comme les pièces d'un puzzle. Mais il ne pouvais l'accepter.

- Non ! s'insurgea Sirius en serrant Camille un peu plus contre lui.

Comment avait-il pu ? Faire ça à Amy ? N’avait-elle pas toujours été celle qui était différente ? Celle qu’il ne voulait pas dans son lit comme toutes les autres filles ? Celle qu’il se refusait de briser ?
Et Camille ? Cette jolie fille si adorable, si courageuse. Comment avait-il pu l’abandonner comme s’il ne s’agissait de personne ? Ne s’était-il pas juré en quittant sa famille qu’il n’aurait plus rien à voir avec eux ?
Il ne voulait pas de famille, pas de femme ou d’enfant. Et pourtant en serrant la petite bonde ensanglantée contre lui, il avait l’impression de serrer les débris de son rêve brisé. Il ne voulait pas courir pour toujours, seul dans ce monde. Il voulait Amy, il voulait Camille. Il voulait leurs sourires, leur amour, leur confiance. Une famille chaleureuse et rassurante, un foyer.

- Je suis là maintenant. Je suis là ! Reste avec moi ! Je t’en supplie !
Sans s’en rendre compte, Sirius sentit des larmes ruisseler sur son visage. Il se mordit les lèvres pour les arrêter, chasser le désespoir et la panique. Mais en la sentant doucement glisser entre ses bras, Sirius ne pu que paniquer de plus belle.

- Vulnera sanentur, vulnera sanentur ! recommença-t-il à répéter en tentant tant bien que mal de contrôler ses sanglots.
Il voulu appeler à l’aide mais il n’osait pas arrêter son sortilège qui, faute de soigner Camille, empêchait son état de se dégrader. Il lança un regard désespéré en haut des escaliers dans l’espoir que quelqu’un apparaisse, entende son désespoir, sente sa détresse, mais un frisson glacé le foudroya lorsqu’il se rendit compte. Qui allait venir l’aider ? James ? Remus ? Peter ? Amy ? Non, il ne méritait pas leur aide. Il avait déjà été si ingrat, si indigne de leur amitié. Il était seul, complètement seul, et ce soir là c’était le pire des cauchemars.




Dernière édition par Admin le Dim 11 Jan - 17:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ne me laisse pas   Sam 31 Mai - 8:06



Ses mots plein de courage, son regard plein de confiance, son souffle si faible. Tout chez elle le faisait souffrir comme un milieu d’aiguilles se plantant dans son corps. Pourtant il s’accrochait à elle, refusant de la laisser partir, refusant qu’elle ne s’éloigne d’un seul centimètre de lui. Il ne le pouvait pas, il ne se le permettrait pas.
Il ne pouvait se permettre de se blâmer une seule seconde de la personne abjecte qu’il était devenu. Il ne pouvait se permettre d’effleurer l’idée qu’il était un lâche et un faible, car à ce moment, peu importe les horribles vérités qu’on lui hurlait, il devait être fort, il devait être là, pour elle.
Ravalant ses larmes, serrant le poing autour de sa baguette, il se força à continuer son incantation plus clairement, plus fermement. Fermant les yeux pour ne pas se faire déconcentré par la vision horrible des blessures de Camille qui se soignaient à peine et à une lenteur alarmante. Il fit de son mieux pour ignorer ses faibles appels au secours.
Il savait qu’ils ne lui étaient pas vraiment destinés, mais qu’ils étaient pour les vrais parents de la jeune fille. L’homme qui l’avait abandonné et la femme qui n’avait pu le supporter plus longtemps.  Des personnes qu’il ne connaissait pas, des personnes qu’il détestait. Mais il savait que lui, Sirius Black en cet instant, ne l’abandonnerait pas. Et il continua à la soigner du mieux qu’il pouvait.

Il rouvrit les yeux en sentant la main de Camille effleurer la sienne.  Elle pouvait bouger et songer à la salle de bain. Cela rassura assez Sirius pour qu’il ne réagisse pas tout de suite lorsque la  jeune fille tenta de se relever. Elle ne tarda pas à tomber de nouveau sur Sirius qui la rattrapa, paniqué. Il perdit le fil de son incantation et se sentit à nouveau happé par la peur.
Il voulu reprendre mais les mots de Camille le bloquèrent. C’était la première fois qu’elle mentionnait la cause de ses blessures. Trop préoccupé par sa douleur, Sirius n’avait pas encore songé au fait que quelqu’un avait fait  ça à Camille. Lentement, le Gryffondor sentit la colère monter en lui. Non, il ne devait pas trop y penser, l’important était d’abord de la soigner. N’étant pas dans l’état de discuter les décisions de Camille, il se prépara à la mener là où elle le souhaitait.

Mais un bruit les interrompit et avant de comprendre ce qu’il se passait, Amy était à leurs côtés, tremblante et les larmes aux yeux. La voir eu l’effet d’un pieu dans le coeur de Sirius qui tentait de toute ses forces de ne pas penser à ce qu’il avait fait à la femme qu’elle deviendrait. Il voulu hurler, la pousser loin de lui, partir avant qu’il ne la blesse une nouvelle fois, mais sa gorge était si serrée qu’il resta muet.

- Ce n’est pas toi. parvint-il tout de même à grogner sombrement lorsqu’elle se blâma.

Reprenant son calme du mieux qu’il pouvait, Sirius serra Camille contre lui. Avec l’aide d’Amy, il la porta et la plaça dans une position sûre contre lui. La peur transparu dans ses iris gris en croisant le regard d’Amy. Je ne sais pas, j’ai peur, je ne veux pas, au secours, pourquoi, que faire, je suis tellement désolé. Mais il ne prononça aucun mot, de peur de briser le peu de force qui lui restait.

Il dévala les escaliers et les mena jusqu’à la salle de bain des Gryffondors.

L’endroit était vide, sombre et frais. Une ambiance que peu appréciaient mais qui rassura Sirius. Les piliers de pierre lui rappelaient les arbres de la forêt et la fraîcheur celle du vent nocturne. Avec délicatesse, il déposa Camille contre l’un des piliers. Se permettant un coup d’oeil vers Amy, il se ravisa bien vite en sentant la dague aiguisée de la culpabilité s’enfoncer un peu plus en lui.

- Ça va aller Camille. T’es une fille de Maraudeur hein ? D’habitude c’est Remus qui répare les Maraudeurs, mais c’est parce que je lui laisse ce privilège. Lui dit pas hein, mais je suis bien plus doué que lui. dit-il doucement avec un petit sourire.

Parler de Remus, James et Peter déposait un poids dans sa poitrine mais il se força à ne rien laisser paraître et à cacher les tremblements de sa voix avec un petit rire.
Il savait que pour Camille, les Maraudeurs avaient une grande signification, une grande valeur. Celle d’un groupe de garçons devenus frères, un groupe capable de toutes les plus belles merveilles comme des pires bêtises. Une entité, d’amour, d’humour, de vie et de confiance. Ce qu’ils représentaient aussi pour Sirius avant qu’il ne détruise tout.

Faisant tournoyer sa baguette, il avait fait apparaître une bassine d’argent dans laquelle coulait de l’eau claire. Reprenant son incantation de soin, il entreprit d’essuyer délicatement le sang du visage de Camille.
Dessinant la courbe de ses joues, la ligne de son nez, son front. Comment ne pas remarquer sa ressemblance avec Amy Loreens ? Techniquement, son visage aussi devait apparaître sous les traits fins de la jeune fille mais Sirius n’y vit que Amy. Plus il soignait Camille et plus il avait du mal à contenir sa culpabilité. Il n’était pas celui qui avait tailladé la Gryffondor de la sorte, mais il y avait bien une chose dont il se savait maintenant coupable. Coupable du malheur d’Amy Loreens. Coupable de l’abandon de deux merveilleuses femmes. Coupable d’avoir détruit leur vie.

Il ne su si c’était la colère qui montait lentement en lui qui l’aida à mieux se concentrer, mais l’incantation fut plus efficace et bientôt, les plaies de Camille se refermèrent. Un soubresaut d’émotion vint couper l’incantation et le soupire de soulagement que Sirius aurait voulu pousser. Au lieu de ça, il se releva doucement et s'éloigna un peu pour s'asseoir contre un lavabo.

- Je suis tellement désolé. murmura-t-il, tête baissée.

Le mal était déjà fait. Il n’y aurait pas de soulagement pour lui.



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