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 Like moths to a flame

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MessageSujet: Like moths to a flame   Mar 23 Sep - 11:50









- Merci, Kade, pour votre coopération. dit-il d’une voix douce avant de raccrocher avec un sourire amusé.
Reprenant une gorgée de thé de son Thermos rose, Cal prit son temps pour savourer la saveur qui embrassa son palet. Il ne se pressa pas sur la scène de crime dont l’agent Prurnell venait de lui indiquer la location pour la simple raison qu’il s’y trouvait déjà.

Il n’avait pas été difficile de lire la vague de tension et d’excitation spécifique qui avait envahit le bureau à l’appel signalant une nouvelle scène de crime. Il avait suffit à l’écrivain de descendre calmement et d’attendre à l’entrée que ces deux chers investigateurs à blouse blanche dévalent l’escalier comme des enfants le matin de Noël. Suivant les insouciants dans sa voiture pourtant loin d’être discrète - une Alfa Romeo Guilietta spider gris-bleue . Après trois bonne heures de route et de Chopin, l’Anglais s’était garé non loin du périmètre de sécurité. Il s’était permit une petite tasse de thé avant de rejoindre la troupe lorsque l’agent de l’inspection générale du FBI cru bon de lui informer des mouvements de Jack Crawford et son équipe.

Refermant son thermos, Cal sortit un petit carnet à la reliure de cuir pourpre. L’ouvrant au tiers, il inscrivit en haut d’une nouvelle page :

American Silk Mills, Pensilvania
Jack Crawford, Brian Zeller, Jimmy Price
Hannibal Lecter, Alana Blooms
Will Graham


L’écrivain quitta sa voiture et fit son chemin jusqu’aux bandes jaunes. Montrant vaguement sa carte de consultant à l’agent surveillant les allées et venues, il s’avança vers la scène.

- Oops, préparer le sac à vomis… murmura Brian à son collègue qui pouffa en remarquant la présence de l’écrivain.

Mais s’ils n’avaient été aveuglé par leur total conditionnement social et s’ils s’étaient penché d’avantage sur l’expression de Cal Lawrence en cet instant plutôt que sa réputation de gratte papier, ils auraient vu. Ils auraient vu que ce n’était pas l’horreur qui l’avait figé et rendu bouche bée. Ils auraient sentit que son souffle court et ses pupilles dilatés n’étaient pas due à la peur, mais à de l’admiration. Une admiration si forte que Cal en oubliait complètement revêtir le masque sombre d'empathie que chacun était forcé de porter sur une scène de crime. Mais ces idiots qui pouffèrent ne le virent pas. Il ne virent pas non plus ce que lui voyait.

Tant de talent. Chaque fibre de soie habilement tiré susurrait la douceur infinie de la main qui les avait tissé. Chaque entrelacement, une patience et une dextérité froide et experte. L’équilibre du cocon suspendu murmurait intelligence et la structure elle même : sculpteur. Le réseau dessinait une toile des plus équilibrées et précise. Peu importe l’échelle à laquelle le regard se penchait sur cette oeuvre, la beauté et la technique restait époustouflantes. La victime elle-même avait sublimé son état de cadavre inerte en acceptant le sommeil éternel pour devenir un autre coup de pinceau dans ce merveilleux tableau. Agrémentée de la mélodie mécanique des tisseuses, ce ne pouvait être qualifié d’un autre mot que : parfait.

Comment ? Qui ? Cal Lawrence se posait les mêmes question que le reste de l’équipe, mais pour des raisons bien différentes.

L’écrivain retint un juron lorsque d’un geste, Jack ordonna qu’on détache le cocon. Chaque filament de soie coupée tombant lentement et tragiquement le crispa immensément. Le cocon arriva au sol et les agents du FBI s’approchèrent comme des fourmies prêtes à le démanteler et l’étudier bout par bout. Au milieu de la foule, Will Graham.

Comme tout bon écrivain, Cal avait fait beaucoup de recherche sur lui. Son histoire était mouvementé mais ce qu’il en avait retenu particulièrement était le talent pour lequel le FBI faisait appel à lui. Sa capacité à comprendre, à sentir, à empatir. Il était étrange et mystérieux que ce soit le don d’empathie qui lui permettait de se rapprocher d’êtres qui en étaient dépourvus. Tout aussi étrange que cette capacité n’ai fait de lui, ni un être apeuré et horrifié, ni l’un d’eux. Will Graham était capable de voir de l’autre côté du miroir, et Cal en était très envieux.

Mais que sentait-il en cet instant ? Ne sentait-il pas la frustration et l’horreur de l’artiste à voir son oeuvre ainsi démantelé ? Cal était dénué d’empathie et pourtant c’est ce qu’il ressentait. Il se renfrogna. Will Graham était jusqu’ici un sujet qu’il avait hâte d’explorer.

- On s’y fait, vous verrez. annonça Brian en agrémentant ses mots d’une tape sur l’épaule de Cal, avant de se diriger à son tour vers le cocon. L’écrivain resta de marbre, ne parvenant animer son visage que d’un rictus froid.

Préférant une vue d’ensemble sur ce tableau pourtant balafré, Cal resta à l’écart. Il ne pu voir ce que Will Graham observa dans l’agitation discrète qui se devinait sous la soie.
La surprise fut totale lorsque soudainement, une nuée d’insectes blancs s'échappèrent du corps. Une fois de plus l’écrivain fut totalement stupéfait. Néanmoins, il ne perdit pas de temps et sortit à nouveau son carnet pour y griffonner fébrilement une esquisse du moment avant qu’il ne s’échappe de son esprit. L’envol des papillon.
Quel génie, quel inventivité, quelle audace. Alors qu’il croquait le tableau, l’image de l’artiste se précisa elle aussi. A la perfection impressionnante et savante, la force stable et sage s’ajoutait une veine d’espièglerie, d’inspiration et de désir. Bien qu’il lui était arrivé d’en douter, Cal ne pouvait qu’en être sûr, l’éventreur de Chesapeake était bien celui qu’il cherchait.

Mais n’y avait-il que lui ?

La conversation des agents attira l’attention de Cal qui s’approcha enfin. L’homme avide de détails se retint de soupirer en captant le terme “égytiens”. Quel genre d’idiot pouvait voir quoi que ce soit d’Egyptien dans ce tableau ? Non c’était plutôt…

Mais avant que la frustration ne pousse Cal à s'immiscer dans la conversation, Will Graham rectifia la trajectoire déplorable de l’équipe. L’écrivain resta en retrait, se contentant d’écouter les explications avec un sourire satisfait. La réflexion juste et intelligente était de la musique à ses oreilles.
Et alors que l’agent remontait doucement dans l’estime de l’écrivain, celui-ci se rendit compte d’un détail. Le cocon, les papillons…
L’éventreur avait préparé son tableau pour un public bien particulier. Il savait que les autorités démantèlerait son installation et ouvrirait éventuellement le cocon en laissant s’échapper les papillons.
Mais “sûrement”, “éventuellement” étaient des rimes qui n’appartenait pas à ce sonnet si bien rythmé. Will Graham, en revanche, s’accordait parfaitement à tout cela. Comme un cadre supporte et sublime une toile, l’empêchant de raconter plus que l’artiste n’en avait l’intention et attirant le regard vers l’essentiel.
L’éventreur savait que Will Graham serait là pour transmettre son message. Ou était-ce que, ce message était simplement adressé à Will Graham ?

Cal griffonna quelque informations qu’il glana de la conversation mais son regard ne quittait pas Will Graham. Calme, expert, il était le seul à ne pas être complètement perdu dans ce tableau. Son ton assuré et quelque peu avide, ressemblait à celui d’un guide présentant une oeuvre qu’il connaissait depuis des années. Il y avait presque  de la tendresse dans sa manière de n’oublier aucun détail.
Puis, quelque chose d’autre se produisit. Un échange silencieux entre Jack Crawford et Will Graham. Ce dernier sembla se concentrer en fermant les yeux alors que l’autre fit un geste pour signifier aux autres de s’éloigner.
Lorsque Jack posa son regard sur Lawrence, l’agent sembla supposer qu’un geste ne suffirait pas pour l’écrivain et s’avança vers lui d’un pas agressif. Cal s’éloigna docilement en saluant son collègue d’un sourire simple et courtois. Il savait que Jack ne voulait pas de lui sur une scène de crime mais il savait aussi qu’il ne pouvait pas le chasser. Pourtant l’agent Crawford ne sembla pas vouloir se contenter d’une tolérance silencieuse.

- Qu’est-ce que vous faites là ? aboya-t-il sans délicatesse.
- L’agent Prurnell m’a appelé. Elle a pensé que cela m’intéresserait. menti-t-il à moitié.
L’anglais savait que de Jack n’avait de toute manière rien à faire de la réponse qu’il lui apporterait. Il avait déjà identifié que ses échanges avec Jack Crawford n’étaient jamais qu’un processus de renforcement de son autorité.
- Ah oui ? Vous direz à l’agent Prurnell que ceci est ma scène de crime et votre présence ne m’intéresse pas. grogna-t-il, ne réussissant à obtenir de Cal qu’un haussement de sourcil désabusé.
- Je suis sûr qu’elle sera ravie de l’entendre de votre bouche. En attendant, je ne suis pas sûr que le crêpage de chignon soit un très bon emploi de notre temps. Votre cher Will Graham semble avoir quelques problèmes pour se concentrer. pointa l’écrivain, un peu déçu de ne pouvoir observer le processus de l’agent spécial de plus près.
- Ecoutez-moi bien, vous n’avez-
- Ou peut-être s’est-il un peu trop concentré, Jack. le coupa soudainement Cal d’un regard froid et menaçant.

Ce n’était peut-être pas l’émotion appropriée à transmettre à ce moment-ci, cependant elle fit réagir Jack qui se retourna enfin vers Will Graham qui s’était mit à convulser. Plusieurs agents l’observaient d’un air inquiet sans pourtant oser lui venir en aide. Jack se rua vers l’homme et le saisit par les épaules. Cal soupira, bien heureux de ne plus l’avoir sur les siennes.

En voyant Will Graham enfin émerger de son étrange transe tout tremblotant et faible, l’écrivain garda pour lui un petit sourire amusé. Allons ce n’était pas à ça qu’on ressemblait lorsqu’on se mettait dans les chaussures d’un tel artiste. Cal ne su s’il devait être plutôt amusé ou déçu d’un tel échec. Il se força néanmoins à revêtir le même masque soucieux que les autres agents qui reprirent lentement leur travail.
Satisfait s’ajouta à la liste des émotions potentielles que lui apportait cette situation car, ne se montrant pas très utile, Will fut envoyé pour tenir compagnie à l’écrivain.

- Très probablement oui. répondit-il d’une voix calme. Cependant j’aime garder la possibilité d’élargir mon horizon. Il faut parfois s’approcher au plus prêt des choses pour se rendre compte que beaucoup d’autres ont été oubliées. Je devrais très probablement élargir mon sujet. ajouta-t-il sans manquer de placer un petit regard taquin vers son sujet élargit.

- Cal Lawrence. Enchanté. J’en déduis que vous n’êtes pas familier avec mon travail, mais je pense que je peux assumer sans me tromper que vous le serez avec mon prochain livre. dit-il alors en se parant de sa meilleure attitude sociale forgée toutes ces années. Il lui tendit la main.

Mais rapidement lassé par la gigue sociale et ne lisant pas M. Gaham comme étant un être très sociable non plus, l’écrivain se retourna à nouveau vers les restes du tableau. Le corps avait été extrait du cocon et il ne restait plus grand chose, pourtant le souvenir de ce moment magique, l’apogée du tableau, restée gravée dans l’esprit de Cal.

- Impressionnant, n’est-ce pas ? soupira-t-il doucement. Une telle démonstration technique savamment mêlée à une puissante inspiration. Un puissant tableau qui en ferait presque oublier le noyau de cette histoire. Un meurtre de sang-froid. Mais au final c’est là tout ce que vous essayez de faire n’est-ce pas ? Arrêter le meurtrier.

Cal ne laissa paraître aucun ton particulier autre que celui neutre de la constatation. Il garda pour lui que malgré le fait que le noyau  de cette histoire était bel et bien le meurtre d’une jeune, ce n’était là aucunement ce qui l’intéressait lui, en tant qu’écrivain et sociopathe curieux. Le noyau était ce qui, dans les fruits, permettait une renaissance et le cycle de la vie. Mais ce dont les hommes se repaîtrait était tout ce qui venait autour. La chaire juteuse et sucrée.

- Dites-moi, Will ? Me tromperais-je en assumant que vous connaissez très bien l’éventreur ? demanda-t-il alors, observant en même temps le fourmillement des agent du FBI d’un air distrait.
- Vous êtes présent à chaque nouvelle scène de crime. Vous… vous mettez à la place du tueur afin de le comprendre. Et vous le comprenez. Bien franchement vous semblez être le seul à y voir clair dans toute cette histoire. Pourtant cette fois, la première fois que j’ai l’occasion de vous voir à l’oeuvre,  vous échouez de vous connecter à lui. Pourquoi ? Qu’est-ce qui est différent cette fois ?
Alors qu’il parlait, Cal réfléchissait plus à haute voix qu’il ne s’adressait réellement à Will Graham. Une façon de ne pas paraître trop pressant mais aussi d’induire subtilement le même questionnement dans l’esprit de l’agent. C’était de la manipulation pure et simple et pourtant pas forcément mal intentionnée. Cal se retrouvait constamment à manipuler les gens qui l’entouraient pour la simple raison que n’importe quel échange social venant de lui était factice.
- Des soucis au Paradis ? ajouta-t-il avec un petit rire amusé.
- Oh ne faites pas trop attention. Ce n’est pas une interview. Enfin pas pour l’instant. Vous pourrez vous inquiéter quand je commencerais à noter tout ce que vous direz. s’excusa-t-il alors d’un ton gêné comme s’il se rendait seulement compte de sa maladresse calculée.


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