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 Quand idole et tueur se complètent

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MessageSujet: Quand idole et tueur se complètent   Sam 27 Sep - 14:13







Lacrimosa by Mozart Requiem on Grooveshark


Assit dans son grand fauteuil, Cal ferma les yeux un instant, laissant le rideau de ses paupières se fermer sur son salon. Bercé par la musique et le parfum des pages du vieux livre ouvert devant lui, il laissa son esprit divaguer et lui peindre le souvenir envoûtant d’une aventure des plus intéressantes.

Londres. Il pouvait presque sentir son air humide et frais, entendre la mélodie joyeuse des gouttes de pluies s’écrasant sur les pavés. Un taxi passa en griffant la surface de l’eau s’accumulant sur le bitume. La nostalgie teintait le souvenir d’une triste teinte bleue et grise. Pourtant, une tâche rouge s’alluma sur ce tableau comme un cri qui brise le silence de la nuit. Des fleurs écarlates en bouquet devant un simple kiosque à journaux.
L’écrivain s’en approcha doucement et avec délicatesse, il ramassa un bouquet de lilas rouges. A côté, une pile de journaux empilés affichaient tous le même titre imprimé de grosses lettres noires.

FINI LES CHRYSANTHÈMES, LE TUEURS AUX LILAS ROUGES TERRORISE LA VILLE DE LONDRES.

Avec un sourire tendre et amusé, Cal Lawrence en prit un exemplaire et le déposa sur le comptoir du kiosque. Derrière se tenait une jeune fille pâles aux longs cheveux blonds. Ses yeux étaient blancs et morts. Sa peau était tailladée de toute part et son coup fin paré d’un collier d’hématomes.
Tendant une des fleurs pour payer pour son journal, Cal lui offrit un sourire courtois auquel elle répondit. Prenant la tige du lilas, elle la serra contre elle et ferma paisiblement les yeux. Cal s’éloigna, prenant son journal et humant le reste de son bouquet.


- Il n’y a pas de quoi. murmura-t-il doucement.



L’écrivain rouvrit les yeux, retrouvant l’ambiance familière et chaleureuse de son salon, à Baltimore. Dépliant une dernière fois la lettre qu’il avait reçu, il détailla l’écriture soignée et droite de son auteur. Dorian Rivers.
Il mémorisa le nom avant de replier soigneusement la lettre et de la caler au milieu du livre ouvert devant lui. Fermant le recueil de poème Ukrainien, il se leva pour le remettre à sa place dans l’une de ses nombreuses bibliothèques. Le bout du livre cognait à peine le fond du meuble qu’un coup se fit entendre à la porte. Remarquant la ponctualité avec un sourire satisfait, Cal Lawrence alla pour ouvrir.

- Ah, Dorian Rivers. Entrez je vous en prie. invita-t-il avec un sourire reglé à la perfection pour correspondre aux normes sociales d’une telle situation.

Ne prenant pas vraiment le temps de détailler le jeune homme dont il devinait une chevelure blonde et un air de débutant prêt à passer un entretien d’embauche, l’écrivain se dirigea vers le salon où il désigna l’un des fauteuil à son invité. S’exécutant, Dorian ne laissa pas plus de temps au silence et prit la parole.
Cal qui s’était dirigé vers sa table près de la fenêtre pour y récupérer sa tasse de thé s’arrêta en entendant ses mots. Son dos était tourné au jeune homme mais il ne put empêcher un haussement de sourcil.
Quel étrange humour, si cela était de l’humour. L’art de la comédie n’était pas du tout le sujet favoris de l’écrivain qui avait encore assez de mal à saisir toute la subtilité des codes sociaux entourant ce phénomène.
Finissant de récupérer sa tasse vide, Cal rejoint enfin son invité en s’installant dans le fauteuil en face de lui. Il aurait voulu se servir un peu de breuvage ambré avant de se plonger dans la paperasse que Dorian avait rapporté, mais ce dernier semblait tellement pressé de commencer que l’Anglais se ravisa. Gardant sa tasse dans les mains, la caressant d’un air distrait, il observa sa table basse jonchée de dossiers et de rapports. Il aurait retenu une grimace si ce genre d’expression lui venait naturellement mais il se contenta de rester stoïque devant les papiers que lui tendait l’adolescent. Cela n’empêcha pas ce dernier de se lancer dans une grande et longue réflexion à haute voix.

N’écoutant qu’à moitié le monologue brouillon de son invité, Cal s’intéressa surtout à la lueur d’avidité et d’adrénaline qui semblait s’allumer un peu plus dans ses yeux à chacun de ses mots. La frustration, illustrés par ses froncements de sourcils et ses gestes crispés. L’espoir et la curiosité, qui brilla dans son regard lorsqu’il se tourna vers lui.

Cal ne réagit pas tout de suite, laissant le temps au jeune homme de retrouver son calme. Déridant enfin son visage neutre d’un fin sourire, Cal déposa sa tasse de thé sur la table où était éparpillés les rapports et prit une des photos. On pouvait deviner qu’elle était ancienne car on pouvait y voir un bouquet de chrysanthèmes négligemment disposé aux côté du cadavre d’une jeune fille. Cal sentit un écho de frustration s’animer dans son esprit mais il l'accueillit avec un sourire amusé.

- Et bien. dit-il enfin d’un ton calme. Il est vrai que j’ai un point faible pour les esprits passionnés.

Reposant la photos, Lawrence s’adossa au dossier de son fauteuil pour enfin prendre le temps de jauger son invité. Jeune, intelligent, avide, soigné, précis, individualiste, téméraire. Il pouvait deviner tout cela en un seul regard et pourtant ce qui attira le plus son attention fut : frustré.

- Le tueur au Chrysanthèmes, oui. Une histoire singulière. commença-t-il d’un ton calme et posé. Connu maintenant sous le nom du Tueur aux Lilas Rouges. Ce n’est pas commun pour un tueur en série de voir son nom changé en cours de route. Je crois comprendre en quoi ce cas puisse susciter l’intérêt.
Et Cal Lawrence n’avait pas caché le sien en répondant à la lettre de l’étudiant, l’invitant à en discuter ouvertement avec lui. Écrivain de renom portant un intérêt tout particulier envers les meurtriers et présent à Londres au commencement des crimes de ce tueur, il n’était pas difficile d’en déduire que Cal Lawrence en savait particulièrement sur cette affaire.

- Et votre intérêt justement, se porte tout particulièrement sur ce changement. Ses causes, ses implications. Du meurtre fébrile et impulsif à la mise à mort ritualisée. Du parc public au jardin de la Reine en personne au Palais de Buckingham. Des chrysanthèmes aux lilas. Pourquoi ? Ou selon votre théorie… Qui ? C’est une très intéressante théorie.
Intéressante mais pourtant, l’écrivain sembla quelque peu curieux et dubitatif. Fronçant doucement les sourcils il jeta un regard vers les nombreuses informations recueillies par l’adolescent. Ce qu’il avait du mal à croire n’était pas la théorie de l’élève qu’il savait, de source sûre, très proche de la réalité, mais du fait qu’un simple jeune Américain soit tombé dessus en faisant ses devoirs.
La police de Londres devrait avoir honte… pensa l’écrivain à la fois grave et amusé.

- Les tueurs en série évoluent constamment. Bien qu’ils semblent stagner dans le respect souvent compulsif de leurs rituels, ils s’améliorent, gagnent en efficacité, en précision comme n’importe quel technicien à force de pratique. Puis lorsque tout devient trop facile, ils deviennent audacieux, osent de nouvelles choses.
Lawrence fut amusé en se rendant compte à quel point ses propos correspondaient autant au tueur en série moyen qu’à lui même. S’améliorer, comprendre et maîtriser, puis passer à autre chose était justement son mode de fonctionnement.
Mais Lawrence n’était pas un tueur en série ou du moins pas encore selon la définition officielle. Le meurtre était quelque chose de nouveau dans ses pratiques et il n’était pas convaincu que cela ne soit autre chose que très occasionnel.

- Vous dites que cela est trop brusque pour venir de lui-même. Je suis d’accord. Cependant la théorie habituelle serait de penser que ce changement a été provoqué par un événement externe. Un rejet, un accident, la mort d’un proche ou même un rêve particulier. Un choc qui l’aurait affecté et qui aurait causé ce changement brusque dans son comportement.


Cal Lawrence n’avait pas eu besoin de suivre des cours en criminologie à l’école du FBI pour connaître le b.a.-ba de l’art du profiling. Travailler avec la police de Londres pendant un certain temps et s’intéresser à l’histoire des tueurs en série à travers les âges lui permettait d’assumer sans trop se tromper que la vérité sur l’histoire du Tueur aux Lilas Rouges était inédite et particulièrement originale. Trop inédite et originale pour effleurer l’esprit d’un commissaire en service depuis presque trente ans, ou pour convaincre un jury.

- Je m’excuse si je vous fais refaire un chemin que vous avait déjà parcouru de long en large, je suis sûr, mais pourquoi penser à quelqu’un d’autre ? Je me contenterais personnellement de la théorie de l’évènement extérieur et, pour être honnête, cette histoire d’ “autre psychopathe” m'apparaît comme une histoire très loufoque.

Mais bien sûr Cal n’était pas honnête. Il ne se sentait pas non plus coupable de démonter la théorie d’un jeune homme qui avait sûrement passé beaucoup de temps et d’énergie à trouver. On pourrait croire qu’avoir devant lui l’homme le plus prêt de le démasquer comme étant le complice d’un tueur, l’affolerait ou l’énerverait, mais il n’en était rien.
Cal était calme, joyeux et prit dans cette conversation qu’il considérait comme palpitante. Il était curieux et très amusé, mais il était aussi très habile avec ses mots, ses gestes, ses expressions et son comportement.

- Je suis, cependant, très curieux de savoir, Dorian. Qui ? Selon vous, qui serait l'instigateur de ce changement ? Et pourquoi ferait-il une telle chose ?

Ne possédant pas la capacité naturelle de tout un chacun à comprendre comment se comporter en société, Cal Lawrence avait mit un point d’honneur à l’apprendre et le maîtriser pas lui-même. Cependant c’était un talent qui n’était pas voué à être maîtrisé. La gène lorsqu’il se produit quelque chose que vous n’aimez pas, le regard fuyant face à une question indiscrète ou l’excitation devant un sujet passionnant. Tout cela ne se contrôlait normalement pas. Pourtant l’attitude totalement inoffensive qu’exhibait l’écrivain face à Dorian Rivers était, elle, contrôlée dans le moindre détail.


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